Le communiqué du Pool judiciaire financier (PJF), annonçant l’ouverture d’une enquête sur des soupçons de faux, usage de faux et détournement présumé de deniers publics dans le dossier ASER–AEE Power, a immédiatement ravivé un face-à-face politique déjà bien installé. D’un côté, le député Thierno Alassane Sall, à l’origine d’une plainte dans ce dossier. De l’autre, Jean Michel Sène, directeur général de l’ASER.
Thierno Alassane Sall salue l’ouverture de l’enquête et insiste sur la transparence
Le député Thierno Alassane Sall, à l’origine d’une plainte déposée en octobre 2025 dans ce dossier, a exprimé sa satisfaction après les premières avancées judiciaires.
Dans sa réaction, il estime que les 37 milliards en cause ne peuvent disparaître sans qu’il y ait des responsabilités à établir. Il appelle le Pool judiciaire financier à aller jusqu’au bout de la procédure et insiste sur la nécessité de faire toute la lumière sur la gestion du dossier.
Le parlementaire rappelle la gravité des faits présumés, évoquant un détournement d’argent public destiné à l’électrification rurale, ce qu’il qualifie d’atteinte directe aux populations des campagnes.
« Détourner l’argent d’un marché d’électrification rurale est un crime contre nos compatriotes des campagnes. Il ne fait aucun doute que des têtes vont tomber », a-t-il réagi sur ses réseaux sociaux.
Il affirme également maintenir sa vigilance et évoque des procédures déjà engagées devant les juridictions espagnoles.
Jean Michel Sène réagit et dénonce une lecture politique du dossier
De son côté, Jean Michel Sène, directeur général de l’ASER, n’a pas tardé à réagir aux déclarations du député. Sur les réseaux sociaux, il accuse ce dernier de faire une lecture sélective du communiqué du PJF et de passer sous silence certains éléments du dossier.
Il cite notamment des signalements liés à des quittances et à des montages financiers présumés, qu’il estime ignorés dans la prise de parole du député.
« Il lit le communiqué du PJF et n’y relève ni la plainte de l’espagnol, encore moins celle de l’Agent Judiciaire de l’État sur les fausses quittances de plus de 918 millions », a-t-il écrit.
Jean Michel Sène va plus loin en affirmant que le député aurait une connaissance détaillée des circuits de décision et d’exécution des montants en question, tout en choisissant, selon lui, une posture politique.
Il accuse enfin Thierno Alassane Sall de défendre Saïdou Kane qu’il accuse d’utiliser le même operandi dans ce dossier
