Invitée de l’émission EN VÉRITÉ sur RSI, Me Abibatou Samb, présidente de l’ONG Voix de Victimes et membre de la société civile, a exprimé sa déception face à la faible représentation féminine dans le nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Al Aminou Lo.
Avec seulement quatre femmes sur trente membres, la composition de l’équipe gouvernementale est, selon elle, loin de refléter la réalité démographique du Sénégal.
« Ce chiffre me paraît très minime puisqu’on est dans un pays qui est naturellement paritaire. On a autant d’hommes que de femmes », a-t-elle déclaré, en référence aux données démographiques nationales.
Pour Me Samb, la présence des femmes dans les organes de décision est un impératif démocratique. Elle estime que les femmes jouent un rôle majeur dans la société sénégalaise et doivent être davantage associées aux instances où se décident les orientations stratégiques du pays.
« Il est particulièrement important qu’elles soient autour de la table là où les décisions se prennent pour engager l’avenir de notre nation », a-t-elle insisté.
La présidente de l’ONG Voix de Victimes plaide ainsi pour des mesures correctives rapides. Elle souhaite notamment une plus grande prise en compte des femmes dans les nominations aux postes de direction et n’exclut pas la possibilité d’un futur remaniement gouvernemental permettant de rétablir un meilleur équilibre.
Au cours de l’entretien, Me Abibatou Samb a également rendu hommage à l’ancien président Abdoulaye Wade, qu’elle considère comme « le père de la démocratie sénégalaise », en mettant en avant plusieurs réformes qu’elle juge favorables à la promotion des femmes.
Selon elle, l’accession de femmes à des postes ministériels de premier plan, l’adoption de la loi sur la parité ainsi que l’introduction dans la Constitution de dispositions relatives à l’accès des femmes à la terre figurent parmi les avancées majeures enregistrées sous son magistère.
« La continuité, ce n’est pas de reculer, mais d’avancer », a-t-elle soutenu, appelant les autorités actuelles à poursuivre et renforcer les acquis enregistrés depuis l’alternance de 2000.
Au-delà des fonctions électives déjà concernées par la loi sur la parité, Me Samb estime que le principe d’égalité doit désormais être étendu aux fonctions nominatives afin de garantir une représentation équilibrée des hommes et des femmes dans toutes les sphères de décision.
« Il faut impérativement continuer ce processus qui était déjà engagé depuis l’année 2000 », a-t-elle conclu.
