Le patron de Tesla, SpaceX et du réseau social X (ex-Twitter) s’est beaucoup investi dans l’Etat de Pennsylvanie, l’un des sept swing states (Etats pivots), qui fut décisif en 2016 pour la victoire du candidat du Parti républicain Donald Trump, qui y avait décroché 45 000 voix de plus que sa rivale Hillary Clinton.
L’homme le plus riche des Etats-Unis, sinon du monde, n’a pas lésiné sur les moyens, devenant un rouage à part entière de la campagne de Donald Trump − qui lui a promis de le nommer à la tête d’une commission chargée de faire un audit du gouvernement américain, en vue de le « réformer » en profondeur.
Musk a repris le discours de dénonciation du « système » qui a déclaré vainqueur Joe Biden en 2020. Dans son collimateur, Dominion, l’entreprise qui fournit les machines à voter. « Il réactive toute une fantasmagorie autour de ces machines à voter, qui avaient excité la complosphère en 2020 comme autant de leviers de la fraude électorale », soulignent MM. Mendès France et Reichstadt. Il s’inscrit ainsi dans la lignée de trumpistes de vieille souche, tels les avocats Rudy Giuliani, ancien maire de New York, ou Sidney Powell, affirmant que le Venezuela était derrière Dominion. Chantre des technologies d’avant-garde qui font le succès de SpaceX et de Tesla, l’homme d’affaires n’hésite pas ici à prôner un retour aux bons vieux « bulletins de vote en papier comptés à la main ».
Après avoir investi 75 millions de dollars (69 millions d’euros) dans la campagne du candidat républicain, Elon Musk a promis d’offrir 1 million de dollars chaque jour à un électeur choisi « au hasard » sur les listes électorales des swing states en échange de la signature d’une pétition déclarant intouchables le premier et le deuxième amendement de la Constitution américaine − ceux qui garantissent la liberté d’expression et le port d’armes −, dont « les médias traditionnels ne veulent pas parler », dit-il.
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Les médias, autre cible de la sphère complotiste… Le réseau X lui offre « une puissance de feu sans pareille », souligne le podcast. Elon Musk fait siennes les accusations contre les démocrates d’acheminer massivement des migrants « illégaux » dans les Etats-clés afin qu’ils y obtiennent la nationalité américaine et votent pour eux ; ou celles affirmant que le gouvernement travailliste britannique envisagerait d’ouvrir des camps de rétention pour se débarrasser des émeutiers d’extrême droite descendus dans les rues de Southport le 30 juillet après l’attaque au couteau d’enfants par un adolescent de 17 ans, né à Cardiff de parents rwandais.
Surfant sur la puissance de X, « véritable agora mondiale » dont il a réduit à peau de chagrin les procédures de modération pour réintégrer des personnalités exclues de Twitter, tel Alex Jones, du site complotiste InfoWars, Musk « se comporte lui-même comme un troll », affirme le trio de « Complorama ».
Il relaie sans vergogne les sous-entendus antisémites à l’encontre du milliardaire américain George Soros − bête noire du premier ministre hongrois, Viktor Orban, chantre du trumpisme en Europe −, vole au secours d’Alain Soral, condamné en Suisse pour avoir traité de « grosse lesbienne » une journaliste, dit ne pas comprendre pourquoi Bjorn Höcke, du parti d’extrême droite allemand Alternative für Deutschland, a dû payer en mai 13 000 euros d’amende pour avoir utilisé le slogan nazi « Alles für Deutschland ».
Le patron a « lié son destin à celui de Donald Trump », conclut le podcast. Il a offert des habits neufs aux arguments que ne manquera pas de brandir la « trumposphère » au lendemain du 5 novembre, soit pour contester la défaite de son champion, soit pour célébrer sa revanche tant attendue sur « le système » qui l’avait « spolié » en 2020…
