La date tant attendue de l’installation des nouveaux députés de la 15e législature pourrait être fixée dès demain, jeudi 28 novembre. En vertu de l’article 63 de la Constitution, cette décision revient exclusivement au président Bassirou Diomaye Faye, qui attend la proclamation définitive des résultats par le Conseil constitutionnel pour enclencher le processus.
UNE PRIORITÉ POUR LE PRÉSIDENT
À la Présidence, la volonté d’agir rapidement est manifeste. L’objectif est clair : permettre à l’Assemblée nationale nouvellement élue de se mettre immédiatement au travail, notamment pour examiner le projet de budget 2025 dans des délais exceptionnels. Cependant, avant d’entamer ce chantier crucial, une étape demeure incontournable : l’installation officielle des 165 députés élus lors des législatives du 17 novembre, marquées par une victoire éclatante du parti Pastef/Les Patriotes avec 130 sièges.
Conformément aux textes en vigueur, le président de la République doit fixer par décret la date de cette installation. L’article 63 de la Constitution et l’article 4 du chapitre II du règlement intérieur de l’Assemblée nationale encadrent strictement cette procédure. Si le chef de l’État détermine la date de la première session, l’Assemblée nationale fixe par la suite la durée et le calendrier de ses sessions ordinaires.
UNE COURSE CONTRE LA MONTRE
Si les délais de recours sont respectés, les résultats définitifs seront publiés ce mercredi 27 novembre. Cela ouvre la possibilité pour le président d’annoncer dès demain la date d’installation des députés. Vincent Mendy, spécialiste des questions électorales, souligne que « le président peut fixer cette date dès que le Conseil constitutionnel a proclamé les résultats définitifs ».
Cependant, ce calendrier dépend du dépôt éventuel de recours. Le Code électoral (articles LO.195 à LO.197) accorde cinq jours aux candidats pour contester les résultats provisoires. En cas de recours, le processus peut s’étendre jusqu’à dix jours supplémentaires. Si aucun recours n’est formulé, le Conseil constitutionnel proclamera les résultats définitifs aujourd’hui même, permettant d’accélérer le calendrier.
UNE INSTALLATION STRATÉGIQUE
L’installation des nouveaux députés marque la fin du processus électoral et ouvre un nouveau chapitre politique. Elle revêt cette année une importance particulière en raison des délais serrés pour l’examen et l’adoption de la Loi de finances 2025.
Ndiaga Sylla, expert électoral, rappelle que « tout retard dans ce processus pourrait avoir un impact sur les délais d’adoption du budget ». L’enjeu est donc double : respecter les impératifs institutionnels tout en répondant aux attentes des citoyens.
UNE FLEXIBILITÉ POUR LE CHEF DE L’ÉTAT
Bien que la loi n’impose aucun délai contraignant pour fixer la date d’installation des députés, la situation actuelle appelle à une prise de décision rapide. Entre l’urgence d’examiner le budget et la nécessité d’assurer une transition fluide, le président Bassirou Diomaye Faye joue un rôle clé.
Cette installation ne se limite pas à un acte administratif : elle amorce une nouvelle ère politique où les priorités définies par la nouvelle législature pourraient profondément influencer l’avenir du Sénégal. Pour le chef de l’État, chaque jour compte dans cette mécanique institutionnelle.
