Lors d’une déclaration solennelle ce dimanche 1ᵉʳ décembre 2024 à Thiaroye, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a officiellement reconnu la responsabilité de la France dans le massacre des tirailleurs sénégalais, survenu le 1ᵉʳ décembre 1944. Représentant le président Emmanuel Macron, le chef de la diplomatie française a déclaré : « Rien ne peut justifier que des soldats de France aient ainsi retourné leur canon contre leurs frères d’armes. »
Un drame dans un contexte post-guerre
Ce massacre, tragique épilogue d’une guerre où des milliers de soldats africains s’étaient illustrés pour la libération de la France, reste une plaie dans l’histoire commune franco-africaine. Venus de colonies comme le Sénégal, les Comores, le Congo, ou encore la Côte d’Ivoire, ces tirailleurs avaient combattu héroïquement sur les champs de bataille, de Sedan à Amiens.
Cependant, à leur retour, ces héros furent confrontés à une profonde injustice. Démobilisés avant leurs camarades européens et privés de leurs soldes, ils manifestèrent d’abord à Morlaix en refusant de monter à bord du Circassia, le navire qui devait les rapatrier. Leur contestation se poursuivit au camp de Thiaroye, où l’armée française réagit par une répression sanglante, ouvrant le feu sur ses propres soldats.
Un travail de mémoire engagé par la France
Jean-Noël Barrot a souligné les efforts de la France pour faire la lumière sur ces événements. Depuis la transmission des archives en 2014 jusqu’à la mission d’étude dirigée par le Professeur Mamadou Diouf, un travail de mémoire a été amorcé pour réhabiliter ces victimes de l’Histoire.
Un renouveau dans les relations franco-sénégalaises
Cette reconnaissance s’inscrit dans une volonté de renouveler les relations entre Paris et Dakar. Elle fait écho au partenariat renforcé signé en juin dernier, illustrant une dynamique tournée vers une coopération fondée sur le respect et la vérité historique.
Dans son discours, le ministre a appelé à dépasser les blessures du passé : « Cultivons l’amitié entre le Sénégal et la France sur les fondements d’une mémoire qui rassemble plutôt qu’une mémoire qui divise. »
Ce geste symbolique marque une étape importante dans la réconciliation des mémoires et renforce les liens entre les deux pays, autour d’un devoir commun de vérité et de justice.
