CONTRIBUTION | LE PERMIS À POINTS AU SÉNÉGAL : UNE SOLUTION INADAPTÉE

Le débat sur l’introduction du permis à points au Sénégal soulève des interrogations sur sa faisabilité, étant donné les réalités du pays. Le permis à points, qui consiste à retirer des points du permis de conduire en fonction des infractions, est une solution efficace dans certains pays. Cependant, au Sénégal, un tel système risquerait d’être inadapté, voire contre-productif.

Les Défis du Sénégal

Les infrastructures routières du Sénégal sont insuffisantes et mal entretenues, ce qui augmente le risque d’accidents. De plus, les aménagements routiers ne répondent pas toujours aux normes de sécurité. Dans un tel contexte, il serait injuste de sanctionner les conducteurs par le retrait de points pour des infractions liées à des routes en mauvais état.

Le Transport Informel : Un Obstacle Majeur

Le secteur du transport informel, avec des « Ndiaga Ndiaye » et « cars rapides » souvent âgés de plusieurs décennies, constitue un autre défi. Ces véhicules sont rarement conformes aux normes de sécurité, et leurs conducteurs ne sont pas toujours formés. De plus, les garages clandestins échappent à tout contrôle, rendant difficile l’application d’un système de permis à points.

Une Approche Progressive

Pour améliorer la sécurité routière, le Sénégal doit adopter une approche plus pragmatique et progressive. Parmi les mesures efficaces figurent :

1. Renforcer les contrôles routiers pour assurer le respect des règles de sécurité.

2. Mettre en place des radars automatiques pour sanctionner les excès de vitesse.

3. Améliorer les infrastructures et élargir les routes.

4. Organiser et formaliser le secteur du transport en recensement des acteurs et en aidant à la mise à niveau des véhicules.

5. Fixer une limite d’âge pour les véhicules en circulation.

6. Suivi via une Plateforme Numérique : Une plateforme numérique pour enregistrer et suivre les informations des conducteurs et des véhicules pourrait être une solution pour centraliser les données et assurer une meilleure régulation du secteur.

Avant d’introduire le permis à points, il est essentiel de régler les problèmes structurels du secteur des transports. Une approche par étapes, en améliorant d’abord les infrastructures et en organisant le transport, semble plus adaptée pour garantir une sécurité routière durable au Sénégal.

Pape Ousseynou Pouye

Membre du Mouvement National des Cadres de Pastef (MONCAP)

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