Le dossier concernant l’expropriation présumée des titres fonciers n°5058/NGA, n°13.833/NGA et n°1838/NGA, attribués à la société Sofico, connaît un nouveau tournant judiciaire. Selon des informations obtenues par Libération, le parquet a décidé de relancer cette affaire en soumettant un réquisitoire supplétif devant le deuxième cabinet d’instruction du tribunal hors classe de Dakar. Cette initiative marque une étape significative dans le traitement de ce dossier complexe.
Un réquisitoire renforcé
D’après nos sources, le procureur de la République financier a rouvert l’enquête, en suspens depuis 2022, au niveau du juge du deuxième cabinet du tribunal hors classe de Dakar. Le parquet a requis le placement sous mandat de dépôt de l’homme d’affaires Tahirou Sarr, patron de Sofico, et a demandé l’émission d’un mandat d’arrêt international contre Mamour Diallo, ancien directeur des Domaines, qui aurait quitté le Sénégal en juin 2024. Ce dernier est déjà visé par une enquête distincte ordonnée par le parquet financier, dans le cadre de l’affaire des 94 milliards de FCFA, actuellement menée par la Division des investigations criminelles (DIC).
Amadou Ba et Birima Mangara sous la menace d’une levée d’immunité
Le procureur a également sollicité du juge l’ouverture des démarches visant à lever l’immunité parlementaire d’Amadou Ba, ancien ministre des Finances et actuellement député, ainsi que de Birima Mangara, ancien ministre chargé du Budget et député, pour évaluer leur implication potentielle dans ce dossier. Selon le journal, cette démarche ne signifie pas une inculpation immédiate, mais s’inscrit dans une phase préliminaire visant à évaluer leur éventuelle implication dans l’affaire. Il appartiendra au juge de décider de la pertinence de ces requêtes.
Le juge du deuxième cabinet d’instruction est désormais chargé d’examiner ces nouveaux éléments et de déterminer les suites judiciaires à donner à cette affaire. Il devra également superviser l’exécution d’une délégation judiciaire confiée à la Section des Recherches (Su).
Rappel des faits
Pour mémoire, les héritiers des titres fonciers concernés contestent des irrégularités qu’ils considèrent comme frauduleuses dans la procédure d’expropriation. Ils avaient mandaté Matar Diène pour déposer une plainte. Une enquête préliminaire menée par la Sûreté urbaine (SU) de Dakar en 2022 avait conduit le parquet à ouvrir une information judiciaire contre X pour des faits présumés de faux, usage de faux en écritures authentiques et privées, escroquerie portant sur des deniers publics et complicité de ces infractions. L’affaire avait ensuite été confiée au deuxième cabinet d’instruction, où elle était restée en suspens jusqu’à présent.
Ce rebondissement judiciaire relance l’attention sur une affaire aux implications politiques et économiques majeures, mettant en lumière les défis persistants en matière de gouvernance foncière au Sénégal.
