Le Sénégal franchit un tournant majeur dans sa politique de protection sociale avec la signature, lundi 11 mai 2026, de deux conventions destinées à intégrer les acteurs de l’économie informelle dans les régimes gérés par l’IPRES et la Caisse de Sécurité sociale.
La cérémonie, présidée par le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Olivier Boucal, s’est tenue à la Direction générale du Travail et de la Sécurité sociale. Elle consacre une réforme présentée comme « la correction d’une injustice historique », dans un pays où le secteur informel représente près de 90 % de l’activité économique, contre seulement 20 % pour le secteur formel bénéficiant jusque-là d’une couverture institutionnelle.
Une réforme structurée autour de deux conventions
Deux accords ont été signés à cette occasion. Le premier est une convention-cadre entre le ministère, l’IPRES et la Caisse de sécurité sociale. Le second associe ces deux institutions à la Mutuelle sociale nationale des Artisans du Sénégal (MSNAS), déjà engagée dans la protection sociale des artisans.
Ces conventions visent l’opérationnalisation du Régime simplifié pour les petits contribuables (RSPC), dispositif phare destiné à étendre la sécurité sociale aux travailleurs de l’informel.
Une couverture sociale élargie
Le nouveau dispositif permettra aux bénéficiaires d’accéder à un ensemble de prestations jusque-là réservées au secteur formel : retraite, allocations familiales, accidents du travail, maladies professionnelles, invalidité et décès.
Le ministre Olivier Boucal a salué une avancée structurante, soulignant que la phase pilote menée avec les artisans a déjà montré des résultats encourageants. Depuis 2021, la MSNAS assure une couverture sanitaire de base, renforcée depuis février 2024 dans le cadre de la Couverture sanitaire universelle.
Vers une inclusion sociale élargie
Pour les acteurs institutionnels, cette réforme marque une étape décisive dans l’extension de la protection sociale. Le président de la MSNAS, Assane Guèye, a mis en avant la simplification des démarches et le renforcement de la prise en charge des travailleurs informels, notamment en cas d’accident.
De son côté, Mamadou Racine Sy a estimé que cette intégration permet au Sénégal de se rapprocher des standards internationaux en matière d’inclusion sociale. Il a également salué l’impulsion donnée par les autorités pour rendre effective cette réforme structurelle.
Le président du conseil d’administration de l’IPRES a, pour sa part, annoncé des instructions visant à accélérer l’affiliation des travailleurs concernés et à adapter les procédures administratives aux réalités du secteur informel. À terme, les futurs retraités issus de ce secteur devraient bénéficier d’un revenu de remplacement et d’une couverture sanitaire élargie.
La digitalisation comme levier
Les autorités ont enfin insisté sur le rôle de la digitalisation et de la dématérialisation des procédures, portées par l’IPRES et la Caisse de sécurité sociale, comme levier essentiel pour garantir l’efficacité et la rapidité de mise en œuvre du RSPC.
En conclusion, les parties prenantes ont réaffirmé leur engagement à faire de ce régime simplifié un instrument central d’inclusion sociale, destiné à mieux protéger les millions de travailleurs de l’économie informelle
