À l’occasion de la 60e Journée mondiale des communications sociales célébrée le 17 mai 2026, la Commission épiscopale de la Communication sociale du Sénégal a rendu public un message appelant à une réflexion approfondie sur les enjeux anthropologiques du numérique et de l’intelligence artificielle.
Dans sa première adresse depuis sa nomination le 15 janvier 2026, le président de la Commission a placé cette édition sous le signe d’une conviction centrale : « la communication est au cœur de la mission de l’Église ».S’appuyant sur le message du pape Léon XIV, intitulé « Préserver les voix et les visages humains », le responsable ecclésial a alerté sur les mutations profondes induites par les technologies numériques, notamment les réseaux sociaux et les systèmes d’intelligence artificielle capables de reproduire voix, visages et émotions.
Selon le message, ces innovations, bien qu’utiles, soulèvent un défi majeur : celui de la préservation de l’identité humaine dans un environnement numérique qui tend à privilégier l’émotion instantanée et la captation de l’attention au détriment de la réflexion et de la liberté intérieure.
« Le défi n’est pas technologique, il est anthropologique », souligne le texte, rappelant que la dignité humaine repose sur la relation authentique et la rencontre réelle, et non sur des interactions médiatisées par des algorithmes.
Le message met également en garde contre les effets des plateformes numériques sur les jeunes générations au Sénégal, de plus en plus exposées à des systèmes conçus pour maximiser le temps d’écran. Il appelle les familles, les éducateurs et les communautés chrétiennes à développer un discernement critique face à ces outils.
Dans cette perspective, le pape Léon XIV propose trois axes de réponse : la responsabilité, la coopération et l’éducation. Des orientations reprises par la Commission épiscopale, qui entend les traduire en actions concrètes au niveau national et diocésain.
Le président de la Commission a par ailleurs annoncé deux chantiers en cours : la restructuration interne de l’institution et l’élaboration d’un plan de communication pour la province ecclésiastique du Sénégal. Ces initiatives visent à renforcer la cohérence et l’efficacité des actions de communication au sein de l’Église.
Le message a également été l’occasion de saluer l’engagement des fidèles, prêtres, religieux et laïcs impliqués dans les différentes structures de communication, tout en encourageant les équipes diocésaines à poursuivre leurs efforts malgré des moyens limités.
Enfin, un appel à la prière a été lancé en faveur des professionnels de la communication — journalistes, animateurs, agents pastoraux et bénévoles — dont le travail est qualifié de « service de la vérité ».
Concluant son message, la Commission épiscopale a rappelé que « communiquer, c’est d’abord rencontrer l’autre », un autre qui ne peut être réduit ni à un profil numérique ni à un algorithme.
La Journée mondiale des communications sociales est ainsi célébrée cette année sous le signe d’un appel renouvelé à humaniser les technologies et à replacer la personne au centre de toute communication.
