Le Conseil des ministres de ce mercredi a été marqué par une forte orientation du Président de la République vers le renforcement de la culture du résultat dans la gestion publique. Le Chef de l’État a insisté sur la nécessité d’un suivi plus rigoureux et d’une évaluation systématique des politiques publiques, en lien avec la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation.
Dans cette dynamique, le Chef de l’État a annoncé l’institution de séances de revue des performances gouvernementales tous les quinze jours. Le Conseil des ministres lui-même sera désormais organisé une semaine sur deux, pendant une période donnée, afin de renforcer la culture de l’évaluation de l’impact des politiques publiques.
Chaque membre du gouvernement est ainsi invité à procéder à l’évaluation régulière des directeurs généraux et responsables des entités placées sous sa tutelle. Une démarche qui vise à instaurer une chaîne de responsabilité plus rigoureuse dans la gestion de l’administration publique.
Le Président a également élargi cette exigence d’évaluation à d’autres niveaux de gouvernance. Le ministre de l’Intérieur est chargé de veiller à l’évaluation des chefs de circonscription administrative, tandis que le ministre des Affaires étrangères devra suivre la performance des chefs de mission diplomatique et consulaire. De son côté, le ministre des Collectivités territoriales est appelé à réfléchir, en concertation avec les acteurs de la décentralisation, à un dispositif d’évaluation des maires et présidents de conseils départementaux.
Sur le plan des infrastructures administratives, le Chef de l’État s’est félicité de la mise à disposition de la troisième sphère ministérielle de Diamniadio. Ce nouvel espace est appelé à améliorer la qualité du service public tout en contribuant à la rationalisation des charges locatives de l’État.
Dans le domaine des finances publiques, il a demandé l’accélération de la finalisation du Document de Programmation budgétaire et économique pluriannuel (DPBEP 2026-2028), en amont du prochain Débat d’orientation budgétaire. Il a également insisté sur l’optimisation des délais de passation des marchés publics et sur une meilleure préparation des conférences budgétaires, avec un accent particulier sur l’inscription des projets prioritaires.
Réforme de l’état civil : un plan d’urgence attendu
Abordant la question de la gouvernance de l’état civil, le Président de la République a relevé des insuffisances persistantes dans le fonctionnement du système actuel. Il a ainsi demandé au ministre en charge des Collectivités territoriales de présenter, d’ici fin juin 2026, un Plan d’Urgence de Renforcement de la Gestion de l’État civil.
Ce plan devra intégrer l’ensemble des niveaux de responsabilité et proposer des solutions durables aux dysfonctionnements identifiés. Le Chef de l’État a insisté sur la nécessité d’améliorer le fonctionnement de l’Agence nationale de l’état civil et des centres locaux, tout en accélérant la digitalisation intégrale du système.
La fiabilité des documents, la sécurisation des registres et la conservation des archives figurent également parmi les priorités. Des concertations nationales devront par ailleurs être organisées avant fin août 2026 afin de consolider la gouvernance du secteur.
Accès à l’eau potable : des mesures urgentes attendues
Enfin, le Président de la République a mis en avant les difficultés d’approvisionnement en eau potable enregistrées dans plusieurs localités du pays, notamment à Touba, Kaffrine, Louga et Keur Massar.
Face à cette situation, il a instruit le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de prendre des mesures urgentes, en collaboration avec la SONES, l’OFOR, la SEN’EAU et les autres délégataires du service public de l’eau.
L’objectif affiché est d’améliorer significativement et rapidement l’accès des populations à l’eau potable, considérée comme une priorité majeure de la politique de développement économique et social
