Notation monnaie locale BIC : une dégradation jugée précipitée par Amadou Ba Babo

L’agence de notation ivoirienne Bloomfield Investment Corporation (BIC) a récemment décidé de faire passer la perspective souveraine du Sénégal de « stable » à « négative », tout en maintenant la note BBB+. Une décision qui n’a pas convaincu l’actuel Directeur général de 3FPT.

Dans une note, Amadou Ba Babo, Directeur général de 3FPT et président des cadres du parti PASTEF, estime que cette dégradation de perspective est « précipitée » et insuffisamment fondée sur les réalités structurelles du pays.

Selon lui, les agences de notation évaluent généralement les États à travers cinq critères majeurs : la performance économique, les finances publiques, la position extérieure, la liquidité et l’accès au financement, ainsi que la stabilité politique et la gouvernance.

Or, souligne-t-il, Bloomfield justifie principalement sa décision par le cinquième critère, évoquant notamment la révocation du Premier ministre le 22 mai dernier, l’élection de l’ex-chef du gouvernement à la présidence de l’Assemblée nationale le 26 mai, ainsi qu’un contexte macroéconomique marqué par des tensions de liquidité.

Pour Amadou Ba Babo, ces éléments relèvent davantage d’une séquence politique normale dans une démocratie fonctionnelle que d’une crise institutionnelle susceptible d’affecter durablement la solvabilité du Sénégal.

« Le président révoque un Premier ministre, le Parlement élit ensuite un président issu de l’opposition : cela relève du jeu démocratique classique dans un régime semi-présidentiel », soutient-il.

Le responsable de PASTEF compare d’ailleurs cette situation à celle de la France, qui a connu récemment plusieurs turbulences politiques — motion de censure, démission gouvernementale, longues tractations pour former un nouvel exécutif — sans qu’un discours alarmiste similaire ne soit développé autour de ses institutions.

Autre argument avancé : le maintien de la note BBB+ par Bloomfield elle-même. Pour Amadou Ba Babo, cela démontre que l’agence reconnaît toujours la capacité du Sénégal à honorer ses engagements financiers.

Il insiste également sur les fondamentaux économiques du pays, qu’il juge « solides », notamment avec le démarrage des revenus pétroliers et gaziers issus des projets Grand Tortue Ahmeyim (GTA) et Sangomar, une croissance économique qui demeure positive et un accès maintenu aux marchés financiers.

« Les tensions sur les finances publiques existent, mais elles ne sont ni nouvelles ni directement liées à la situation politique actuelle », affirme-t-il.

En conclusion, Amadou Ba Babo estime que Bloomfield Investment « réagit davantage à l’actualité immédiate qu’à une analyse structurelle de moyen terme » de l’économie sénégalaise.

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