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Alors que les cours sont terminés depuis 15 heures, Ndeye Penda Soumaré, enseignante à l’école élémentaire Guedel-Mbodji de Kaolack, à 180 km au sud-est de Dakar, commence une leçon de mathématiques devant une classe réduite. Elle compte : « Juroom ñaar fukk, juroom ñaar fukk ak benn… » (soixante-dix, soixante et onze… », en wolof). Exceptionnellement, les échanges entre la maîtresse et les élèves ne se font pas en français. Depuis décembre, deux classes de l’établissement ont rejoint le programme de tutorat « Ndaw Wune » (« pour chaque enfant », en wolof, et « que de succès ! », en pulaar), s’appuyant sur les langues locales pour combler les lacunes en lecture et en mathématiques d’élèves du primaire.
Au Sénégal, malgré des initiatives depuis les années 1970 pour tenter d’intégrer les six principales langues locales (wolof, pulaar, sérère, diola, mandingue et soninké) à l’enseignement public élémentaire, l’apprentissage en français reste la norme. Plus de 90 % des enfants débutent leur scolarisation dans cette langue que beaucoup ne comprennent ni ne parlent, au point d’être un obstacle à l’apprentissage, parfois même un blocage.
Lire aussi : Au Sénégal, Amnesty International condamne le sort réservé aux enfants « talibés » Ajouter à vos sélections
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« L’enfant perd tous ses acquis et prend du retard, ce qui explique en partie les nombreux échecs et décrochages scolaires », analyse Mbacké Diagne, inspecteur général de l’éducation nationale et de la formation, chargé des langues nationales au sein du ministère. Moins de 10 % des Sénégalais de 15 ans atteignent les niveaux de compétence minimum en lecture, en mathématiques et en sciences, selon le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA, 2017).
