LÉGISLATIVES AU SÉNÉGAL : OUSMANE SONKO EXHORTE AU CALME APRÈS AVOIR APPELÉ À LA VENGEANCE

Le leader de PASTEF Ousmane Sonko, a appelé au calme ce mardi 12 novembre, après avoir incité ses partisans à « se venger » des violences qu’il attribue à des opposants. Ces propos ont été qualifiés de « provocation au meurtre » par ses adversaires, à moins d’une semaine des élections législatives.

Ousmane Sonko, tête de liste du parti Pastef et chef du gouvernement depuis avril, a rapporté dans la nuit de lundi à mardi sur Facebook que son camp avait été pris pour cible à Dakar, Saint-Louis (nord), et Koungueul (centre). Il attribue ces attaques aux partisans du maire de Dakar, Barthélémy Dias, leader d’une coalition concurrente et condamné pour homicide en 2011 dans un contexte de violences politiques.

Les élections législatives de dimanche visent à renouveler l’Assemblée nationale après sa dissolution en septembre par le président Bassirou Diomaye Faye, successeur de Macky Sall. Le Pastef espère obtenir la majorité pour soutenir le programme de réformes engagé par Diomaye Faye et Sonko.

Dans un message diffusé en soirée, Sonko a exhorté ses militants à mener la campagne « dans le calme et la paix » jusqu’à sa clôture vendredi. « N’attaquez personne, ne frappez personne, ne provoquez personne. Désactivez tout mais restez vigilants », a-t-il déclaré.

Plus tôt, ses propos avaient été plus tranchants : « Que chaque agression subie par Pastef soit vengée proportionnellement. Nous exercerons notre droit de riposte légitime », a-t-il affirmé sur Facebook, ajoutant que Barthélémy Dias et sa coalition « ne devraient plus faire campagne dans ce pays ».

Il a par ailleurs dénoncé l’inaction des autorités : « J’ai contacté les ministres de l’Intérieur et de la Justice en tant que candidat. Trois agressions, zéro arrestation. C’est la faillite de l’État », a-t-il déclaré en wolof dans une vidéo diffusée par une télévision locale.

À Rufisque, près de Dakar, où il s’exprimait après des incidents à Saint-Louis, Sonko a accusé ses opposants d’avoir « violemment attaqué et blessé » ses partisans avec « couteaux, sabres et grenades lacrymogènes ».

« J’interpelle encore l’État du Sénégal. Un État ne doit pas être faible. Si ce problème n’est pas réglé, nous agirons nous-mêmes, et nous en avons les moyens », a-t-il averti.

Un rassemblement de militants du Pastef est prévu mardi après-midi près de la résidence du maire de Dakar, a indiqué un responsable du parti à l’AFP.

La coalition Samm Sa Kaddu de Barthélémy Dias a dénoncé un « appel au meurtre » de la part du Premier ministre. Elle a affirmé avoir également été visée par des « attaques multiples » et accusé Sonko de vouloir instaurer un « climat de terreur » par crainte de la défaite.

« La coalition Samm Sa Kaddu tient Ousmane Sonko responsable de toute violence pouvant viser ses membres, militants, sympathisants et électeurs », a-t-elle déclaré.

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