Les débats autour de la tenue des prochaines élections locales continuent d’alimenter la scène politique et la société civile au Sénégal. Pour Moundiaye Cissé, Directeur exécutif de l’ONG 3D et membre du COSCE, la question du calendrier électoral reste entourée d’un flou qui mérite clarification urgente.
S’exprimant sur le cadre juridique des scrutins locaux, le responsable de la société civile rappelle que, contrairement aux élections législatives et présidentielles encadrées par le Conseil constitutionnel, les dispositions du Code électoral, notamment les articles L236 et L269, laissent une marge de manœuvre à l’exécutif.
Selon lui, ces textes donnent la possibilité au chef de l’État de proroger les mandats des élus locaux, dans la limite de la cinquième année de leur exercice. Une option légale, mais qui ne saurait être activée sans dialogue, insiste-t-il.
« S’il doit le faire, il doit en parler avec les parties prenantes », soutient-il, estimant qu’un éventuel report des élections locales doit impérativement résulter d’un processus de concertation. Pour lui, un consensus est indispensable afin d’éviter toute décision unilatérale susceptible de fragiliser la confiance dans le processus électoral.
Moundiaye Cissé souligne également une incertitude persistante sur le calendrier actuel. « Aujourd’hui, on ne sait pas si les élections seront reportées ou non », déplore-t-il, évoquant un manque de lisibilité sur l’horloge électorale.
Face à cette situation, le membre du COSCE appelle les autorités à fixer clairement la date des élections ainsi que les périodes de révision des listes électorales, afin de lever toute ambiguïté.
Il plaide ainsi pour une clarification rapide de la situation par le chef de l’État, tout en rappelant la position de la société civile : le respect du calendrier électoral doit rester la norme, et tout report ne peut intervenir que sur la base d’un consensus avec les acteurs concernés.
« Nous sommes pour le respect du calendrier électoral. S’il doit y avoir report, ce doit être après un consensus », résume-t-il, estimant que la durée des mandats locaux doit être respectée au même titre que celle des mandats législatifs et présidentiels.
