LE CHANGEMENT CLIMATIQUE MENACE LA CEINTURE DE CACAO EN AFRIQUE DE L’OUEST

L’Afrique de l’Ouest, région qui assure près de 70 % de la production mondiale de cacao, subit de plein fouet les effets du changement climatique. Un récent rapport de Climate Central publié en février 2025 met en évidence l’impact du réchauffement sur cette culture essentielle aux économies de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Cameroun et du Nigéria.

Un réchauffement inquiétant

Selon l’analyse des températures maximales journalières sur la dernière décennie (2015-2024), le nombre de jours où la température dépasse 32 °C a significativement augmenté dans ces quatre pays. En 2024, 71 % des zones de production de cacao ont connu une hausse des journées caniculaires attribuables aux changements climatiques.

  • En Côte d’Ivoire et au Ghana, la saison de récolte principale (octobre-mars) a enregistré trois semaines supplémentaires avec des températures excédant 32 °C.
  • Au Cameroun et au Nigéria, cette hausse a été respectivement de plus de deux et une semaine.

Or, la culture du cacao prospère idéalement à des températures inférieures à 32 °C. Dépasser ce seuil entraîne un stress hydrique accru, une diminution du rendement et une altération de la qualité des fèves.

Un impact direct sur la production et les prix

Les conséquences économiques de ce réchauffement sont majeures. En raison de la chaleur excessive, les pertes de récoltes augmentent, réduisant ainsi l’offre mondiale de cacao et poussant les prix à la hausse.

  • En 2024, certaines régions de Côte d’Ivoire ont enregistré 40 % de précipitations en excès, provoquant des inondations et endommageant les plantations.
  • À l’inverse, d’autres zones ont souffert d’une sécheresse extrême en décembre, compromettant la croissance des cabosses.

Ces perturbations climatiques s’ajoutent à d’autres menaces pesant sur le secteur : maladies des cacaoyers, infestation de cochenilles, contrebande accrue et extraction minière illégale. En 2023-2024, le Ghana a perdu environ 160 000 tonnes de cacao à cause de la contrebande, soit trois fois plus que l’année précédente.

Quelles solutions pour l’avenir ?

Face à ces défis, les experts recommandent des stratégies d’adaptation basées sur l’agroforesterie. L’association des cacaoyers avec des arbres plus hauts (manguiers, anacardiers, bananiers) permettrait de :

  • Réduire l’impact des températures extrêmes en offrant de l’ombre aux plantations.
  • Maintenir une meilleure humidité des sols.
  • Diminuer la vulnérabilité aux maladies et aux infestations.

Cependant, ces adaptations nécessitent des investissements importants et une formation des agriculteurs. De plus, elles ne suffisent pas à compenser totalement les effets du changement climatique, notamment lors d’événements extrêmes comme les sécheresses prolongées ou les précipitations excessives.

Un secteur en sursis

L’avenir du cacao en Afrique de l’Ouest dépendra des mesures mises en place pour atténuer l’impact du réchauffement climatique. Si rien n’est fait, la baisse continue de la production pourrait non seulement fragiliser l’économie de millions d’agriculteurs, mais aussi bouleverser l’industrie mondiale du chocolat.

En attendant, les consommateurs doivent se préparer à une hausse des prix du chocolat et à une possible raréfaction de cet or brun si précieux pour l’économie africaine.


Sources :

  • Climate Central, Le changement climatique réchauffe la ceinture de cacao de l’Afrique de l’Ouest, février 2025.
  • ICCO, Rapport mensuel sur le marché du cacao, novembre 2021.
  • Reuters, Les conditions météorologiques sèches menacent la récolte de cacao en Côte d’Ivoire, décembre 2024.

Commentaire

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus récents