Après vingt-quatre ans au pouvoir, Bachar al-Assad aurait quitté la Syrie ce dimanche 8 décembre, marquant la fin d’une ère tumultueuse. Ce renversement historique a été orchestré par Abou Mohammad al-Jolani, leader du groupe rebelle djihadiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS), qui s’est imposé comme l’homme fort d’une conquête éclair, aboutissant à la prise de la capitale Damas.
L’ASCENSION D’UN CHEF REBELLE AU DESTIN HORS DU COMMUN
Né Ahmed al-Chareh dans une famille aisée de Damas, al-Jolani, 42 ans, a abandonné ses études de médecine pour rejoindre la lutte armée. Après un passage en Irak au sein d’al-Qaïda, où il combat sous l’égide d’Abou Moussab al-Zarkawi, il retourne en Syrie en 2011 avec l’ambition de renverser Bachar al-Assad.
Fondateur du Front al-Nosra, devenu HTS, il se démarque dès 2013 en refusant de s’aligner sur l’État islamique d’Abou Bakr al-Baghdadi, préférant rester fidèle à al-Qaïda avant de rompre avec ce dernier en 2016 pour asseoir son autorité et éviter les sanctions internationales.
UN RADICAL PRAGMATIQUE
Al-Jolani, décrit comme un « radical pragmatique », a su imposer sa vision dans le nord de la Syrie. Sous son commandement, HTS a fédéré les factions rebelles, consolidant son pouvoir dans la province d’Idleb. Cependant, son règne reste marqué par des accusations de crimes de guerre et d’exactions, notamment dénoncées par l’ONU.
Conscient de la nécessité de stabiliser les régions conquises, al-Jolani a édicté des mesures strictes : interdiction de tirer en l’air, préservation des biens publics et respect de la propriété privée. Ces efforts visent à asseoir sa légitimité auprès des habitants tout en projetant une image de leader soucieux de l’ordre.

UNE NOUVELLE ÈRE POUR LA SYRIE ?
Avec la chute de Bachar al-Assad, la Syrie entre dans une phase de transition incertaine. Abou Mohammad al-Jolani, qui incarne désormais la figure dominante du pays, devra relever le défi colossal de reconstruire une nation ravagée par treize ans de guerre civile. Sera-t-il l’homme du renouveau ou prolongera-t-il les fractures d’un pays divisé ?
Si son ascension est saluée par ses partisans, ses adversaires redoutent que sa prise de pouvoir n’installe un nouveau chapitre de tensions. Quoi qu’il en soit, al-Jolani restera dans l’histoire comme l’homme ayant précipité la fin du règne de Bachar al-Assad.
