Le projet de dépollution de la baie de Hann, initié pour restaurer cette zone jadis considérée comme l’une des plus belles plages du monde, connaît des avancées notables. Hier, lors d’une réunion du Comité de pilotage, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a affirmé que le rythme actuel d’exécution des travaux est rassurant.
DES TAUX D’EXÉCUTION ENCOURAGEANTS
Selon les données techniques présentées, le lot 2 du projet, qui concerne une station d’épuration capable de traiter 25.000 m³ d’eaux industrielles par jour, affiche un taux d’exécution de 78 %. Cette station, décrite comme l’une des plus performantes en Afrique de l’Ouest, représente un pilier central de la lutte contre la pollution industrielle.
Le lot 1, incluant un intercepteur de 15 km, est réalisé à 58 %, tandis que le lot 4, dédié au réseau d’exécution, atteint 18 %. Les travaux des autres lots (3, 5, 6 et 7) sont en phase de démarrage.
UNE RÉPONSE À UNE CRISE ÉCOLOGIQUE ET ÉCONOMIQUE
Autrefois prisée par les touristes, la baie de Hann est aujourd’hui un lieu pollué où les nuisances olfactives indisposent même les riverains. Avec 80 % du tissu industriel de Dakar concentré le long de cette frange côtière, la baie reçoit 65 % des rejets industriels et 35 % des déchets domestiques. Cette situation a gravement dégradé l’écosystème marin, la qualité de vie des populations et les activités économiques telles que la pêche et le tourisme.
Pour y remédier, l’État du Sénégal a lancé, en partenariat avec des organismes techniques et financiers, un projet de dépollution confié à l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas). D’un coût global de 184,5 millions d’euros, ce projet touche 300.000 personnes réparties dans neuf communes de Dakar, dont Hann Bel Air, Thiaroye-Sur-Mer, et Diamagueune Sicap Mbao.
UNE INITIATIVE STRUCTURANTE
« Ce projet constitue la plus grande initiative de dépollution industrielle en Afrique de l’Ouest et l’une des opérations les plus stratégiques en assainissement urbain au Sénégal », a souligné le ministre Cheikh Tidiane Dièye. Au-delà de l’amélioration de la qualité des eaux et de la santé publique, il favorisera l’instauration du principe « pollueur-payeur » par une nouvelle redevance d’assainissement industriel. Les entreprises seront tenues de mettre en place des systèmes de prétraitement sur leurs sites, répondant ainsi aux normes environnementales. Avec ces avancées, la baie de Hann pourrait retrouver sa splendeur d’antan et redevenir un espace écologique et économique clé pour Dakar et ses environs.
