À la suite de la nomination du nouveau gouvernement du Sénégal, des organisations féministes ont publié un communiqué dans lequel elles expriment leur « profonde déception » face à la faible présence des femmes dans la nouvelle équipe gouvernementale.
Selon le décret présidentiel n°2026-1130 du 1er juin 2026, portant nomination de 30 ministres sur proposition du Premier ministre Ahmadou Al Amine Mohamed Lo, seules 4 femmes figurent dans la composition du gouvernement. Un chiffre jugé « insuffisant et préoccupant » par les signataires.
Les organisations rappellent que cette situation n’est pas nouvelle. Elles soulignent que dans le précédent gouvernement, la représentation féminine était déjà limitée, avec 4 femmes sur 34 membres. Une proportion qu’elles estiment très en deçà du poids démographique des femmes, qui représentent près de 49,4 % de la population sénégalaise.
Les signataires estiment que cette sous-représentation traduit une inégalité persistante dans l’accès des femmes aux postes de décision, malgré les engagements répétés des autorités en faveur de l’égalité des sexes.
Elles rappellent notamment la déclaration du Président Bassirou Diomaye Faye, faite en septembre 2025 à la tribune des Nations Unies, dans laquelle il réaffirmait son engagement pour « l’égalité parfaite entre les sexes, l’autonomisation des femmes et leur accès aux postes de décision ». Pour les organisations féministes, l’écart entre ces engagements et la réalité gouvernementale est manifeste.
Dans leur communiqué, elles estiment que cette situation fragilise la crédibilité des discours officiels et appelle à des réformes structurelles fortes. Elles invoquent notamment des engagements internationaux du Sénégal, dont le Protocole de Maputo, ratifié en 2004, ainsi que des dispositions constitutionnelles relatives à l’égalité.
Les organisations féministes appellent ainsi à une réforme juridique ambitieuse, incluant une parité effective dans les nominations, la révision de certains textes de loi jugés discriminatoires, ainsi que l’introduction de la reconnaissance du féminicide dans le droit pénal sénégalais.
Elles réclament également le renforcement de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, et une meilleure harmonisation du droit national avec les conventions internationales ratifiées par le Sénégal.
Enfin, elles disent rester vigilantes et déterminées à poursuivre le plaidoyer pour que l’égalité entre les femmes et les hommes ne demeure pas une promesse, mais devienne une réalité concrète dans les politiques publiques.
