En 2025, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) souligne que près de 31,9 % des femmes sénégalaises ont subi au moins une forme de violence (physique, psychologique, sexuelle ou économique) au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête publiée en novembre 2024. La prévalence est plus élevée en milieu urbain (36,9 %) qu’en milieu rural (24,9 %). La région de Diourbel enregistre le taux le plus élevé avec 42,6 %, tandis que Fatick présente le taux le plus bas à 15,1 % .
Pourquoi tuer celle qu’on a aimée ?
Elle était tout pour lui. Et pourtant, c’est lui qui lui a ôté la vie
Au Sénégal, de plus en plus de femmes tombent sous les coups de leur mari, de leur compagnon, ou parfois même de leur propre père. Ces crimes, souvent maquillés en disputes conjugales ou en « accidents », révèlent une vérité glaçante : celle d’un féminicide rampant, souvent ignoré ou minimisé. Pourquoi un homme choisit-il de tuer celle qu’il prétend aimer ? La question hante les esprits, mais les réponses sont encore trop souvent enfouies dans le silence des murs domestiques.
Ce qui se cache derrière le meurtre : pouvoir, contrôle et frustration
Sous le vernis des traditions et des rôles genrés, se cache une réalité crue : beaucoup de ces actes sont motivés par une perte de contrôle. La femme qui parle trop, qui veut partir, qui ose dire non. Le mari qui se sent humilié, rabaissé, ou impuissant face à une société en mutation. Le féminicide devient alors un acte de domination ultime. Le fruit d’une frustration sociale, sexuelle, ou économique, que certains hommes mal canalisent par la violence.
Ce qui se cache derrière : la culture du silence et de la domination
Ces crimes ne naissent pas dans un vide. Ils prennent racine dans une société qui apprend aux hommes à dominer, et aux femmes à se taire. Derrière chaque féminicide, il y a des années de violences psychologiques, de menaces, d’humiliations. Il y a des voisins qui n’ont pas voulu “se mêler”. Il y a une police qui minimise, une justice qui tarde, des familles qui demandent de “pardonner”.
Zones reculées : des tragédies étouffées par l’isolement
Ce phénomène est particulièrement visible dans les zones rurales et reculées. Pourquoi ? Parce que là-bas, les traditions sont encore fortes, la justice souvent lente, et la parole des femmes trop rarement entendue. Les violences conjugales sont considérés.
Assez ! Il est temps de nommer les choses
Tuer sa femme, sa fille, sa sœur : ce n’est pas un accident.
Ce n’est pas une dispute.
Ce n’est pas un excès de colère.
C’est un féminicide. Un acte de barbarie. Un meurtre fondé sur le sexe.
Et tant que l’on ne nommera pas les choses, tant que la société refusera de regarder en face cette vérité brutale, les femmes continueront de mourir. Il est temps de se lever, de parler, de dénoncer. Parce que le silence tue autant que les coups.
