Intronisé troisième Tigre de Fass en 2008, Gris Bordeaux, de son vrai nom Ibrahima Dione, traverse une période difficile marquée par une série de contreperformances. Avec un palmarès de 11 victoires, 12 défaites et 2 combats sans verdict en 28 ans de carrière, l’enfant de Tchicky semble aujourd’hui au bout de ses forces, suscitant des appels de plus en plus pressants à une retraite méritée.
Une carrière auréolée de succès
Au début des années 2000, Gris Bordeaux s’imposait comme l’un des lutteurs les plus redoutables de l’arène sénégalaise. Ses victoires éclatantes face à Antoine Bakhoum (2003), Eumeu Sène (2004), et surtout Lac de Guiers 1 (2006) et Bombardier (2007) avaient solidifié sa réputation et conquis le cœur des amateurs de lutte. En reconnaissance de ses exploits, il fut sacré troisième Tigre de Fass en 2008 lors du jubilé de Tapha Guèye.
Son courage et sa persévérance, combinés à un travail acharné, lui avaient permis de briller dans un sport où la gloire est éphémère. Pourtant, la dynamique a fini par s’essouffler.
Une décennie sans victoire
Depuis sa victoire contre Tyson en 2015, Gris Bordeaux accumule les revers. Défait par Modou Lô (2016), Balla Gaye 2 à deux reprises (2018 et 2022), Ama Baldé (2024) et dernièrement Zarco, ses performances suscitent désormais des interrogations. Pour beaucoup, sa récente défaite face à Zarco symbolise le début de la fin.
Des appels à la retraite
Au sein de l’écurie Fass, le débat sur l’avenir du Tigre fait rage. Socé Diatta, coach adjoint de Fass-Ndakaru, estime qu’il est temps pour Gris Bordeaux de raccrocher. « Il a fait une grande carrière, mais il doit maintenant penser à transmettre le flambeau à ses jeunes frères comme Gris 2, Lac Rose ou Serigne Ndiaye 2 », a-t-il confié. Même son de cloche du côté de Ngagne Diagne, chroniqueur de lutte : « Cette chute face à Zarco est un signe clair. Tous les grands noms, comme Yékini et Bombardier, ont perdu leur dernier combat de manière similaire. Gris Bordeaux doit arrêter et se concentrer sur l’encadrement des jeunes. » Malick Thiandoum, journaliste sportif, souligne quant à lui la longue traversée du désert de Gris Bordeaux : « Cela fait dix ans qu’il n’a pas gagné. Tous les lutteurs qu’il a battus sont désormais à la retraite. C’est un signe qu’il doit suivre. »
Le poids du temps
Pour Gris Bordeaux, la situation actuelle reflète l’implacable réalité du sport de haut niveau. Malgré un travail assidu et une préparation rigoureuse, son âge et l’usure d’une longue carrière semblent avoir pris le dessus.
En 28 ans de combats, il a marqué l’histoire de la lutte sénégalaise et inspiré une génération. Si l’heure de la retraite semble inéluctable, elle n’effacera en rien les souvenirs d’un champion qui a écrit certaines des plus belles pages de l’arène.
Aujourd’hui, l’écurie Fass doit se préparer à tourner une page importante de son histoire, tout en réfléchissant à l’intronisation d’un quatrième Tigre, un rôle que beaucoup voient destiné à Serigne Ndiaye 2.
