L’ARGENT SOURCE DE TENSION ET LA POLITIQUE DE DISSENSION AU CŒUR DES PREPARATIFS DES JEUX OLYMPIQUES DE LA JEUNESSE (JOJ) 2026

Les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) prévus à Dakar en 2026 marqueront un tournant majeur dans l’histoire du sport sur le continent africain, étant les premiers à se dérouler sur le sol africain. Cependant, à quelques mois de cet événement mondial, des tensions émergent autour de l’organisation, notamment en raison des enjeux financiers et politiques. Le Comité National Olympique et Sportif Sénégalais (CNOSS), chargé de la gestion de cet événement, se retrouve au centre de critiques sévères, notamment de la part du maire de Dakar, Barthélémy Dias.

Lors d’un face-à-face avec la presse, le maire de la capitale sénégalaise a exprimé son mécontentement vis-à-vis de l’organisation des JOJ. Selon Barthélémy Dias, malgré la candidature de Dakar pour accueillir les Jeux, la Ville ne bénéficie pas de l’impact attendu en termes d’infrastructures et de projets d’aménagement. Il a notamment souligné que, bien que le budget global de 80 milliards de FCFA ait été alloué à l’événement, le CNOSS refuse de prendre en charge certains projets d’aménagement jugés prioritaires pour Dakar. Trois projets d’une valeur totale de 10 milliards de FCFA, selon le maire, devraient faire partie des retombées directes des JOJ et contribuer à l’héritage de cet événement mondial. Mais, selon Dias, ces projets sont injustement négligés.

« Il est incompréhensible que la capitale, qui accueille l’événement, ne bénéficie pas des retombées attendues. Dakar doit être un exemple, à l’image de Paris ou d’autres grandes villes qui ont su tirer profit de grands événements internationaux », a insisté le maire. Il a ajouté que cette situation pourrait compromettre les ambitions de la ville, qui espère non seulement l’organisation d’un événement sportif réussi mais également un héritage durable en matière d’infrastructures et de développement socio-économique.

Dans son discours, Barthélémy Dias n’a pas mâché ses mots concernant le CNOSS. Il a exprimé son profond désaccord avec la manière dont le Comité gère l’organisation des JOJ, notamment en ce qui concerne la prise en compte des besoins de Dakar. « Jusqu’à preuve du contraire, je suis toujours maire de Dakar. Nous exigeons le respect qui nous est dû, en particulier de la part du CNOSS », a-t-il déclaré avec fermeté. Cette prise de position pourrait marquer le début d’un conflit institutionnel, le maire annonçant même la possibilité de porter cette revendication sur la scène internationale, au besoin. « Nous allons nous organiser pour nous faire entendre à l’étranger », a-t-il ajouté, laissant présager une escalade de la situation si ses préoccupations ne sont pas prises en compte.

Au cœur de ce différend, l’argent et la politique semblent jouer un rôle prépondérant. Le budget de 80 milliards de FCFA alloué aux JOJ soulève des interrogations sur la manière dont ces fonds sont distribués et utilisés. Si certains projets d’aménagement et d’infrastructure bénéficient d’une priorité dans d’autres régions du pays, Dakar, en tant que ville hôte, semble en retrait sur certains aspects cruciaux, créant des frustrations au sein de la municipalité.

Dans ce contexte, la position du Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, apparaît déterminante. Lors du Conseil des Ministres du 8 janvier 2025, il a réaffirmé l’importance capitale des JOJ pour le Sénégal. Le Chef de l’État a placé les JOJ parmi les priorités majeures de l’année 2025, insistant sur la nécessité de garantir une organisation optimale et le respect des délais. Le Premier Ministre a ainsi été chargé de superviser de manière permanente les projets et financements liés à l’événement, en collaboration avec le Ministre des Sports.

Le Président a aussi insisté sur l’importance d’achever dans les délais les infrastructures nécessaires à l’accueil des Jeux. Ces infrastructures devraient non seulement permettre un accueil réussi des jeunes athlètes du monde entier mais également constituer un héritage durable pour le Sénégal, en termes d’aménagement du territoire, de développement économique et de rayonnement international. Il s’agit également d’une occasion pour le pays de montrer son dynamisme et ses capacités organisationnelles sur la scène mondiale.

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