On connaît tous cet adage de Ciceron, Dura lex, sed lex, La loi est dure, mais c’est la loi. Ce latinisme s’applique bien à l’actualité politico-judiciaire du Sénégal. Il est des silences qui en disent long sur la faillite morale et institutionnelle d’un pays. Voilà qu’un jeune militant de Pastef se permet, en toute impunité, d’insulter un ancien président de la République, une figure qui, quels que soient les débats politiques, mérite le respect dû à sa fonction et à son parcours. Ce n’est pas seulement une offense à un homme ; c’est une insulte à notre mémoire collective et à la dignité de nos institutions. Plus grave dans tout ça, malgré la saisine du parquet et la chasse aux fugitifs des éléments de défense et de Sécurité, Azoura est en train de fumer l’air de la liberté. Et pour moins que ça Abdou Nguer et Assane Diouf sont en train de croupir en prison.
Pourquoi ce deux poids deux mesures ? Pourquoi ce mutisme quand il s’agit des dérives verbales de certains proches du pouvoir actuel ? Pourquoi certains directeurs, députés et alliés de la Coalition du parti au pouvoir sont en train de prendre sa défense allant même jusqu’à défié le procureur, garant des libertés individuelles.
Sommes-nous entrés dans une ère où la liberté d’expression ne sert qu’à couvrir l’insolence des partisans du régime ? Où l’insulte devient un outil politique toléré, voire encouragé, lorsqu’elle vise les opposants ou les anciens chefs d’État ? Il est temps de dire stop à cette dérive. La République mérite mieux que cette jungle d’invectives et d’irrespect.
Insulteur Public, un métier sur les Réseaux Sociaux
L’expression « insulteur public » engendre maintenant d’une notoriété professionnelle, presque honorable, à l’égal d’un diplomate ou d’un ébéniste. Être un « insulteur public » est devenu un métier sur les réseaux sociaux, parfois lucratif, souvent soutenu par des politiques. Chaque semaine, un nouvel éclat fait les gros titres, comme récemment avec Azoura Fall, récidiviste notoire.
Ces « pseudos-influenceurs » ou individus insignifiants, ni leurs provocations, ni leurs balivernes n’est pas le problème. C’est la complaisance des responsables politiques qui s’affichent avec eux. Hier, Macky Sall posait avec Kaliphone; aujourd’hui, on voit Azoura Fall graviter dans l’entourage du Premier ministre.
Cette proximité interroge : pourquoi la République s’abaisse-t-elle à promouvoir la médiocrité ?
Un tel acte aurait valu une arrestation immédiate, assortie d’une vague d’indignations publiques. Cette différence de traitement révèle une crispation excessive. Plutôt que de s’obstiner à punir chaque dérapage, interrogeons la responsabilité des élites. En cautionnant ces « insulteurs », elles en font des figures du débat public, dégradant ainsi la dignité de la République. C’est là le véritable scandale.
