Au lendemain de la formation du nouveau gouvernement sans aucun ministre issu de PASTEF, Ousmane Sonko a affiché sa fermeté tout en appelant ses partisans à la retenue. Face à la presse, le leader de PASTEF a dénoncé un gouvernement qu’il juge dépourvu d’assise politique, tout en assurant que son parti n’engagera aucune action visant à paralyser les institutions.
« Ce gouvernement n’a aucune assise politique. Partout dans le monde, il faut une machine politique pour faire avancer un pays », a déclaré Ousmane Sonko, estimant qu’il est difficile de gouverner durablement sans le soutien d’une force politique organisée.
Le président de PASTEF a rappelé que son parti ne compte aucun représentant dans le nouvel exécutif, malgré sa position dominante à l’Assemblée nationale. Il a salué les responsables qui ont choisi de rester fidèles à la ligne du parti, affirmant qu’ils ont privilégié les convictions aux avantages liés aux fonctions gouvernementales.
Au cours de son intervention, Ousmane Sonko a insisté sur le poids institutionnel de son camp. « Nous contrôlons l’Assemblée nationale », a-t-il martelé, avant d’assurer que PASTEF dispose des moyens politiques et parlementaires pour faire entendre sa voix.
Toutefois, il a écarté toute volonté de confrontation immédiate avec le pouvoir exécutif. « Si nous voulons bloquer le pays, nous en avons les moyens. Mais le Sénégal n’a pas besoin de cela », a-t-il déclaré, appelant les militants et sympathisants à garder leur calme.
Le leader de PASTEF a également affirmé que son parti ne donnera aucun prétexte au président de la République pour l’accuser d’entraver l’action gouvernementale. « Nous ne sommes pas les adversaires du président Bassirou Diomaye Faye et de sa coalition. C’est à eux de répondre aux préoccupations des Sénégalais », a-t-il soutenu.
Tout en dénonçant des manœuvres politiques dirigées contre lui, notamment autour de son retour à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a prévenu que son camp utiliserait les mécanismes institutionnels à sa disposition si ses adversaires engageaient un bras de fer politique.
S’adressant enfin aux militants de PASTEF, il les a invités à se mobiliser en vue des prochaines échéances électorales, notamment les élections territoriales de 2027 et la présidentielle de 2029, qu’il considère comme les prochaines étapes de la reconquête politique du parti.
Cette sortie marque un nouveau tournant dans les relations entre le chef de PASTEF et le nouvel exécutif. Si Ousmane Sonko exclut pour l’heure toute logique de blocage, il rappelle néanmoins que son parti conserve un poids déterminant au sein des institutions et entend le faire valoir dans le débat politique national.
