Pendant plusieurs mois, Alioune Sall a été au cœur d’une contestation interne sans précédent au sein de PASTEF France. Certains militants l’accusaient d’être davantage proche du président Bassirou Diomaye Faye que d’Ousmane Sonko. D’autres remettaient en cause sa légitimité à diriger la coordination française, allant jusqu’à créer une structure dissidente baptisée « PASTEF-Refondation France ».
L’un des moments les plus marquants de cette crise fut sans doute l’annulation du grand « Péta-meeting » que devait présider Ousmane Sonko à Paris le 19 avril 2026. Annoncé avec faste par le Bureau exécutif de PASTEF France dirigé par Alioune Sall, l’événement devait constituer une démonstration de force de la diaspora et un moment historique entre le leader du parti et ses militants établis en Europe.
Mais à mesure que les contestations internes prenaient de l’ampleur, plusieurs responsables et militants multipliaient les critiques contre la coordination conduite par Alioune Sall. Dans ce climat de tensions, le déplacement parisien d’Ousmane Sonko sera finalement reporté, alimentant toutes les spéculations.
Quelques mois plus tard, les événements semblent pourtant raconter une autre histoire.
Dans son discours du 2 juin 2026, Ousmane Sonko a révélé avoir mandaté plusieurs responsables du parti pour maintenir le dialogue avec Bassirou Diomaye Faye au moment où les relations entre les deux hommes traversaient une zone de fortes turbulences. Parmi les quatre personnalités choisies figurait Alioune Sall, cité comme l’un des témoins et intermédiaires de confiance dans les tentatives de rapprochement.
Une information qui vient contredire l’une des principales accusations portées contre le responsable de PASTEF France : celle d’avoir roulé pour Diomaye Faye contre Ousmane Sonko. Les faits montrent plutôt qu’Alioune Sall entretenait des relations personnelles avec les deux hommes tout en conservant la confiance du président de PASTEF. Au moment décisif, c’est même Sonko lui-même qui l’a désigné parmi les responsables chargés d’aller rencontrer le chef de l’État lorsque les canaux de communication semblaient rompus.
Cette lecture est d’autant plus renforcée qu’au moment de la reconfiguration du Gouvernement, Alioune Sall n’a pas choisi de rester aux côtés du président Bassirou Diomaye Faye malgré les possibilités qui s’offraient à lui. Il a plutôt fait le choix de suivre Ousmane Sonko et de rester aligné sur la ligne politique du parti, un acte que ses soutiens présentent aujourd’hui comme la preuve de sa fidélité au leadership de PASTEF.
La création de PASTEF-Refondation France, les appels à son remplacement et les accusations de proximité excessive avec Diomaye Faye avaient nourri une campagne de contestation durable. Mais la séquence politique actuelle a profondément rebattu les cartes.
Les faits d’aujourd’hui placent Alioune Sall parmi les responsables auxquels Ousmane Sonko continue d’accorder sa confiance dans l’un des moments les plus sensibles de l’histoire récente du parti.
