La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF Sénégal) a enregistré une baisse de 6,7 % des déclarations d’opérations financières suspectes en 2025. Celles-ci sont passées de 928 en 2024 à 866 en 2025, selon son rapport annuel rendu public mardi.
D’après le document, les banques et autres établissements financiers demeurent les principaux déclarants, avec 648 signalements, soit 74 % du total. Les systèmes financiers décentralisés représentent 6,7 % des déclarations, suivis des opérateurs de transfert d’argent (8,5 %) et des établissements de monnaie électronique (8,6 %).
Le rapport indique que les principales infractions identifiées concernent la fraude, le faux et usage de faux, la corruption ainsi que les infractions fiscales. Ces activités continuent de constituer les principaux schémas de risque en matière de criminalité financière.
Sur le plan opérationnel, la CENTIF a transmis 37 rapports au Pool judiciaire financier et procédé à 17 « disséminations » vers les autorités compétentes. Elle a également traité 2 235 demandes nationales d’informations et 21 demandes internationales entrantes, tout en adressant 40 requêtes à l’étranger. Au total, 102 enquêtes financières parallèles ont été menées au cours de l’année.
Le volume des transactions en espèces est également en baisse, passant de 42 millions de francs CFA en 2024 à 28 millions en 2025, une évolution interprétée comme un signal de transformation progressive des comportements financiers.
Selon la secrétaire générale de la CENTIF, Khadidiatou Faye Diop, cette diminution des déclarations pourrait être considérée comme un « effet positif », traduisant une amélioration du dispositif de vigilance et de conformité.
Le rapport classe les risques liés au blanchiment de capitaux comme « moyens », tandis que ceux relatifs au financement du terrorisme et à la prolifération des armes de destruction massive sont jugés « faibles ».
Enfin, la CENTIF souligne que la finance digitale, l’inclusion financière, les transferts d’argent, le financement participatif et les systèmes de transfert rapide de fonds restent les secteurs les plus exposés aux risques de criminalité financière.
