SYRIE: BACHAR AL ASSAD AURAIT QUITTÉ LE PAYS

Après leur entrée dans la capitale Damas, les groupes rebelles appellent les Syriens déplacés à l’étranger à rentrer dans une « Syrie libre ». Quant à Bachar Al-Assad, plusieurs sources indiquent qu’il a quitté la Syrie.

Un long chapitre de l’histoire de la Syrie et du Moyen-Orient se referme. La fuite de Bachar Al Assad ce dimanche, après l’entrée des troupes rebelles dans Damas, marque la fin d’un règne de 24 ans, et de plus d’un demi-siècle du régime autocratique de la famille Al Assad.

Le père de Bachar Al Assad, Hafez, est arrivé au pouvoir après un coup d’Etat en 1970. Le parti Baas, auquel appartenait ce général de l’armée syrienne, était déjà aux commandes en Syrie depuis 1963. Cette formation politique -Baas signifie « résurrection » en arabe- est née en 1947. Le Baas a été fondé par deux nationalistes syriens formés à Paris.

Il s’agissait à l’origine d’un mouvement panarabe, à la fois socialiste, nationaliste et laïc, qui appelait les peuples arabes à l’unité, quelle que soit leur religion. Le Baas a également été au pouvoir en Irak jusqu’à la chute de Saddam Hussein en 2003. Malgré leur origine politique commune, les régimes syriens et irakiens étaient ennemis. La dictature de la famille Assad était soutenue par l’Iran et la Russie. Hafez Al Assad était issu de la minorité alaouite, une secte de l’islam chiite.

En 1982, le massacre de Hama

Avec l’arrivée de Hafez Al Assad au pouvoir, la Syrie se referme sur elle-même. L’opposition est muselée, la presse libre est interdite, de même que toute manifestation, l’état d’urgence est décrété. L’un des ennemis les plus dangereux pour le régime est le mouvement islamique sunnite des Frères musulmans. Leur insurrection est réprimée dans la violence en 1982, en particulier à Hama, où l’aviation bombarde le centre-ville. La répression fait entre 10.000 et 40.000 morts, selon les différentes estimations.

Le régime devient héréditaire en 2000 à la mort de Hafez Al Assad : comme ce dernier l’avait préparé de longue date, c’est son fils Bachar qui lui succède. Il est alors âgé de 34 ans. Le début de son mandat est marqué par le retrait des troupes syriennes du Liban, en 2005, sous la pression de la communauté internationale, après l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri (Damas dément toute implication dans l’attentat).

Intervention de la Russie

En 2011, la Syrie est gagnée comme la plupart des pays de la région par le « Printemps arabe ». Les révoltes sont réprimées dans le sang en Syrie et dégénèrent rapidement en guerre civile dans laquelle l’ensemble des puissances régionales interviennent (l’Iran et son allié libanais du Hezbollah, Turquie…). Le régime de Damas utilise même des armes chimiques contre son peuple. Des centaines de milliers de Syriens sont tués dans les combats, des millions fuient le pays.

En 2015, l’intervention militaire de la Russie, solide alliée du clan Al Assad, permet au régime de Damas de se maintenir au pouvoir. Un cessez-le-feu sous les auspices de la Russie et de la Turquie entre en vigueur dans le nord de la Syrie en mars 2020.

Un début de normalisation

La réintégration de la Syrie dans la Ligue arabe en 2023, après douze ans d’exclusion, marque un début de normalisation. « L’arabisme est le passé, le présent et l’avenir de la Syrie », déclare alors Bachar Al Assad au sommet de la Ligue à Djeddah, en Arabie saoudite. Certains observateurs estiment alors que le régime syrien a retrouvé une certaine stabilité. Le clan Al Assad a finalement été trop faible pour résister à l’offensive fulgurante des rebelles démarrée fin novembre, mettant fin à 54 années de pouvoir.

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