VIF DÉBAT SUR LA PARITÉ À L’ASSEMBLÉE NATIONALE : LE RÈGLEMENT INTÉRIEUR AU CŒUR DE LA POLÉMIQUE

L’élection du bureau de la nouvelle Assemblée nationale a été marquée lundi soir par un débat houleux autour de l’interprétation des règles de parité. Cette controverse a mis en lumière les tensions entre le groupe d’opposition Takku Wallu Sénégal et le groupe majoritaire Pastef-Les Patriotes.

Tout a commencé avec la décision de Takku Wallu Sénégal de proposer Mohamed Ngom, dit Farba, pour le poste de 8e vice-président, un poste qui leur revenait selon la répartition des sièges. Cette initiative a rencontré une vive opposition de la majorité, qui a affirmé que ce poste devait être attribué à une femme pour respecter les règles de parité.

L’OPPOSITION DÉFEND SA POSITION

Aïssata Tall Sall, présidente du groupe Takku Wallu Sénégal, a fermement défendu son camp. Elle a rejeté les accusations de non-respect de la parité en mettant en avant son élection en tant que présidente de son groupe parlementaire comme un acte symbolique en faveur des droits des femmes.

« Pour la première fois, notre groupe a investi une femme comme présidente. Cela illustre clairement notre engagement en faveur des droits des femmes », a-t-elle déclaré, tout en contestant l’interprétation des articles 13 et 14 du règlement intérieur. Selon elle, ces dispositions ne s’appliquent pas strictement dans le contexte évoqué.

LA MAJORITÉ RÉCLAME LA PARITÉ STRICTE

De son côté, le président du groupe Pastef-Les Patriotes, Mohamed Ayib Salim Daffé, a souligné que la liste déposée par leur groupe respectait scrupuleusement la parité conformément aux textes en vigueur. Il a dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de l’opposition de perturber les travaux de l’Assemblée.

« Depuis ce matin, une liste ne respectant pas la parité a été déposée. Cela constitue une tentative délibérée de retarder le processus et de faire croire à l’opinion publique que c’est la majorité qui bloque », a-t-il affirmé.

UNE ISSUE TENDUE

Après des heures de débats, le président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, a tranché en faveur de la majorité, attribuant le poste de 8e vice-président à la députée Ramatoulaye Bodian, de Pastef-Les Patriotes. Cette décision a provoqué un coup de théâtre : les députés du groupe Takku Wallu Sénégal ont quitté l’hémicycle en signe de protestation, dénonçant un « passage en force » de la majorité.

Ce vif échange sur la parité met en exergue les défis liés à l’application de ce principe dans les instances parlementaires, où les interprétations des textes juridiques deviennent souvent des armes politiques.

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