VIOL D’UNE FILLETTE DE 9 ANS : LE SILENCE ASSOURDISSANT DU SÉNÉGAL FACE À L’HORREUR

Au cœur de Joal-Fadiouth, un drame glaçant bouleverse les consciences et réveille le débat brûlant sur l’avortement thérapeutique. Une enfant de 9 ans, enceinte après avoir été violée par son maître coranique, devient le symbole tragique des défaillances du système judiciaire sénégalais.

L’agresseur présumé, Aliou S., un quadragénaire respecté, a méthodiquement abusé de la jeune Awa pendant quatre mois, la droguant avec une prétendue eau « bénite » avant de commettre ses actes ignobles. Sa réputation dans le quartier était telle que même les adultes lui faisaient aveuglément confiance.

Les chiffres sont terrifiants. L’Association des juristes sénégalaises révèle qu’en 2022, 43% des 331 victimes de viol avaient entre 4 et 14 ans. Un rapport de la Fédération internationale pour les droits humains enfonce le clou : entre 2016 et 2017, 97 cas de viols ou d’incestes sur mineures ont été documentés dans la région de Dakar.

Malgré la signature du protocole de Maputo en 2004 autorisant l’avortement dans les cas extrêmes, les autorités sénégalaises restent paralysées par la peur des pressions religieuses. Certaines organisations vont jusqu’à qualifier l’avortement de pratique « occidentale » contraire aux « valeurs africaines ».

La famille de la jeune victime subit non seulement le traumatisme de l’agression, mais aussi la stigmatisation sociale. « Les gens disent que c’est de ma faute », confie la mère, contrainte de s’isoler sous le poids du jugement collectif.

Malgré l’horreur, Awa garde espoir. « Je veux devenir sage-femme pour aider les femmes pauvres », déclare-t-elle, révélant une résilience qui force le respect.

L’agresseur risque la réclusion à perpétuité. Mais pour les militantes féministes, le véritable combat réside dans l’évolution urgente de la législation sur l’avortement, alors que ces délits représentent la deuxième cause d’incarcération des femmes au Sénégal.

Un récit qui interpelle, dérange et exige une réaction immédiate des autorités.

Commentaire

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus récents