Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, a présidé ce mardi 30 juin 2026 une réunion interministérielle consacrée au déroulement de la campagne de production agricole 2026-2027. À l’issue des travaux, le Chef du Gouvernement a arrêté 34 mesures visant à assurer le bon déroulement de la campagne, à sécuriser l’approvisionnement en intrants, à renforcer le financement du secteur et à accélérer l’atteinte des objectifs de souveraineté alimentaire.
L’une des principales décisions concerne le financement de la campagne. Le Gouvernement prévoit d’inscrire une enveloppe d’au moins 130 milliards de FCFA dans le budget, avec une première tranche destinée à prendre en charge les opérations urgentes liées à l’installation de l’hivernage. Le ministère des Finances est également chargé d’apurer progressivement les importantes factures en attente, estimées à plusieurs dizaines de milliards de FCFA, tout en mobilisant, avec les banques et la BCEAO, les crédits de campagne nécessaires au préfinancement des intrants agricoles.
Sur la question des engrais, le Premier ministre a demandé que des mécanismes soient mis en place avant le 15 juillet afin de permettre la poursuite des livraisons par les fournisseurs en collaboration avec les Industries Chimiques du Sénégal (ICS) et les établissements bancaires. Il a également recommandé la diversification des sources d’approvisionnement afin de sécuriser les stocks tout en maintenant le rôle stratégique des ICS.
Le Gouvernement entend également améliorer la gouvernance de la distribution des intrants. Les commissions de distribution devront veiller à une meilleure représentativité des femmes, avec la désignation obligatoire d’une femme au poste de deuxième vice-présidente, ainsi qu’à la réservation d’au moins 30 % des semences et engrais aux femmes et aux jeunes producteurs.
Parmi les autres priorités figurent le respect du calendrier de mise en place des intrants, le renforcement de l’intensification agricole grâce aux semences améliorées, à une fertilisation raisonnée et au suivi des cultures par télédétection et cartographie numérique. La réhabilitation des infrastructures hydrauliques de la SAED et de la SODAGRI est également prévue afin d’améliorer les capacités d’irrigation.
Le Premier ministre a aussi insisté sur la restauration de la fertilité des sols, avec un objectif de plus d’un million d’hectares à amender entre 2025 et 2029, ainsi que sur le renforcement de la lutte contre les ravageurs, notamment les oiseaux granivores. Il a demandé la mise en œuvre progressive d’un système d’assurance agricole indicielle couvrant les intrants subventionnés par l’État.
La digitalisation constitue un autre axe majeur de cette campagne. Le Gouvernement prévoit la généralisation progressive de la plateforme numérique de suivi des intrants, la constitution d’un registre national des bénéficiaires articulé au Registre national unique et la mobilisation des 1 000 Jeunes Volontaires de l’Agriculture pour accompagner l’enrôlement numérique des producteurs, la géolocalisation des parcelles et le suivi des cultures.
Les infrastructures de stockage et de conservation feront également l’objet d’investissements prioritaires afin de limiter les pertes post-récoltes. La chaîne du froid horticole sera renforcée, tandis que les programmes d’acquisition de matériels agricoles et de construction d’entrepôts seront accélérés.
Le Gouvernement prévoit par ailleurs des mesures spécifiques pour chacune des principales filières agricoles. Pour le riz, il est demandé de sécuriser l’acheminement des semences, de consolider les performances de la vallée du fleuve Sénégal et de généraliser la contractualisation entre producteurs, transformateurs et distributeurs. Le ministère du Commerce devra également faciliter l’écoulement du riz local et réguler les importations.
Dans la filière maïs, l’accent sera mis sur la diffusion des semences hybrides, la contractualisation de 50 000 tonnes de maïs local ainsi que la montée en puissance du programme « Grenier du Maïs ». Les filières mil, sorgho, niébé et cultures de diversification bénéficieront également d’un renforcement des intrants, du matériel agricole et de la structuration des débouchés.
Pour l’arachide, le Premier ministre a rendu obligatoire le criblage dès cette campagne et demandé la finalisation, avant le 31 juillet, de l’accord-cadre entre l’État et le Comité national interprofessionnel de l’arachide (CNIA). L’État devra également apurer les créances dues aux opérateurs et accompagner la restructuration de la filière.
Des mesures importantes concernent aussi le coton, avec une subvention de 3,5 milliards de FCFA pour les intrants et le soutien aux producteurs, ainsi que l’anacarde, l’horticulture et la relance de la filière banane, pour laquelle un réaménagement budgétaire est prévu afin de régler les arriérés de paiement.
Afin de garantir la réussite de la campagne, le Premier ministre a demandé l’activation de nouveaux mécanismes de financement associant l’État, les banques, les institutions de microfinance et le FONGIP. Des instruments tels que les garanties partielles, les contrats tripartites, les crédits relais post-récolte, le système de récépissé d’entreposage et l’affacturage devront être mobilisés pour sécuriser le financement des opérateurs.
Enfin, un dispositif de suivi rapproché sera assuré par le Secrétaire général du Gouvernement. Un planning national unique de la campagne agricole sera élaboré avec des jalons précis, notamment une mise en place des intrants à 85 % avant le 10 juillet et à 100 % avant le 31 juillet. Tout retard devra faire l’objet d’un arbitrage immédiat de la Primature.
