Enfin, le Sénégal et le FMI trouvent un accord sur un nouveau programme de 1 240 milliards FCFA

Les autorités sénégalaises et les services du Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord au niveau des services sur les principales politiques économiques devant servir de base à un nouveau programme de réformes soutenu par le FMI.

D’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 1 240 milliards de FCFA, ce programme devrait s’étendre sur 36 mois, pour la période 2026-2029, dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC).

L’accord reste toutefois soumis à l’approbation de la direction et du Conseil d’administration du FMI. Son examen nécessitera également la mise en œuvre de mesures correctrices par les autorités sénégalaises, notamment dans le cadre du dossier relatif à la communication d’informations erronées, ainsi que la réception des assurances de financement nécessaires de la part des partenaires du Sénégal.

Restaurer la viabilité des finances publiques

Le nouveau programme vise principalement à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, à réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures et à renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques.

La stratégie annoncée repose notamment sur une meilleure mobilisation des ressources intérieures et une rationalisation des dépenses publiques. Le FMI souligne toutefois la nécessité de préserver les dépenses sociales et de renforcer les filets de protection destinés aux ménages les plus vulnérables, notamment à travers des transferts monétaires ciblés.

Les autorités prévoient également d’adopter, en 2027, une stratégie de recettes à moyen terme destinée à accroître les recettes intérieures et à dégager davantage de marges de manœuvre pour financer les dépenses prioritaires.

La question de la dette au cœur du programme

La gestion de la dette publique constitue l’un des principaux enjeux du nouveau programme. Le FMI indique que les autorités sénégalaises ont annoncé leur intention de solliciter un traitement de la dette afin d’en rétablir la viabilité.

Les réformes devraient également porter sur le suivi des arriérés intérieurs, la gouvernance budgétaire et la supervision des entreprises publiques.

Une économie portée par les hydrocarbures

Malgré les difficultés budgétaires, l’économie sénégalaise demeure, selon le FMI, résiliente. La croissance a atteint 6,7 % en 2025, notamment grâce à la première année complète de production pétrolière.

En revanche, la croissance du PIB hors hydrocarbures a ralenti à 2,2 %. Au premier trimestre 2026, elle a toutefois rebondi à 4,7 % en glissement annuel, soutenue notamment par la vigueur de la consommation privée.

L’inflation est, pour sa part, restée contenue à 1,4 %.

Un financement susceptible de mobiliser d’autres partenaires

Au-delà du financement du FMI, le nouveau programme devrait permettre au Sénégal de mobiliser des ressources supplémentaires auprès de ses partenaires techniques et financiers.

Le FMI indique notamment que le programme pourrait contribuer à mobiliser des financements de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et d’autres partenaires de développement.

La mission du FMI, conduite par Mercedes Vera Martin, s’est déroulée à Dakar du 19 août au 1er septembre 2026. Elle a rencontré le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, ainsi que plusieurs membres du gouvernement, des responsables de la Cour des comptes, de la BCEAO, du secteur privé, de la société civile et des partenaires au développement.

Pour le FMI, la mise en œuvre résolue des réformes et le renforcement des mécanismes de transparence et de gouvernance seront déterminants pour restaurer durablement la confiance et la stabilité financière du Sénégal.

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