La séance du 1er septembre sera consacrée à l’ouverture de la session extraordinaire, tandis que la date de la Déclaration de politique générale devra être arrêtée ultérieurement par la Conférence des Présidents.
La Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô n’aura finalement pas lieu le 1er septembre 2026. Dans un communiqué publié ce vendredi 28 août, le Bureau de l’Assemblée nationale apporte des précisions sur la procédure engagée autour de la convocation de la session extraordinaire et estime nécessaire de « corriger » plusieurs confusions portant sur les compétences et les délais prévus par les textes.
À l’origine de cette clarification, une correspondance adressée le 24 août par le Premier ministre au président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô y faisait part de sa disponibilité à présenter sa Déclaration de politique générale le mardi 1er septembre 2026 à partir de 9 heures.
Le lendemain, le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a pris le décret n° 2026-1530 convoquant l’Assemblée nationale en session extraordinaire à compter du 1er septembre à 10 heures. L’ordre du jour unique mentionné dans le décret est la Déclaration de politique générale du Premier ministre.
Mais pour le Bureau de l’Assemblée nationale, cette formulation ne suffit pas à fixer la date de la DPG.
L’Assemblée rappelle les règles constitutionnelles
Dans son communiqué, le Bureau de l’Assemblée nationale rappelle d’abord que la session ordinaire unique 2025-2026 étant close depuis le 30 juin, les députés ne peuvent se réunir pour examiner la DPG qu’en session extraordinaire, conformément à l’article 63 de la Constitution et à l’article 7 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Sur ce point, aucune difficulté : le Président de la République a bien convoqué l’Assemblée nationale en session extraordinaire par le décret n° 2026-1530.
La principale difficulté porte en revanche sur la fixation de la date de la séance consacrée à la DPG.
Huit jours : le point central du désaccord
Le Bureau de l’Assemblée nationale s’appuie sur l’article 109, in fine, de la loi organique n° 2025-11 du 18 août 2025 portant Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Cette disposition prévoit que « l’Assemblée nationale doit être informée huit jours au moins avant la date retenue ».
Pour le Bureau, cette formalité relève du Président de la République et non du Premier ministre.
Or, selon l’Assemblée nationale, le décret présidentiel du 24 août convoque les députés en session extraordinaire à partir du 1er septembre, mais ne fixe pas expressément la date de la séance plénière consacrée à la DPG.
Le Bureau souligne également que le délai de huit jours doit être calculé à partir de l’ouverture de la session extraordinaire.
Une lecture qui conduit l’Assemblée nationale à considérer que la séance du 1er septembre ne peut pas être assimilée à la séance de présentation de la Déclaration de politique générale.
Le 1er septembre consacré à l’ouverture de la session
La convocation adressée aux députés confirme cette interprétation.
Les parlementaires sont convoqués le mardi 1er septembre 2026 à 10 heures pour un ordre du jour limité à « l’ouverture de la deuxième Session extraordinaire de l’année 2026 de l’Assemblée nationale ».
Selon le Bureau, la journée du 1er septembre sera ainsi consacrée à l’ouverture de la session extraordinaire, au constat du quorum et à la levée de la séance.
La suite de la procédure sera prise en charge par la Conférence des Présidents.
La Conférence des Présidents devra fixer la date de la DPG
Après l’ouverture de la session, le Président de l’Assemblée nationale convoquera la Conférence des Présidents.
Cette instance devra déterminer la date de la séance plénière consacrée à la Déclaration de politique générale du Premier ministre, mais également fixer les modalités d’organisation des débats, conformément à l’article 77 du Règlement intérieur.
Autrement dit, le 1er septembre constitue désormais une étape procédurale : il s’agit de lancer officiellement la session extraordinaire, et non nécessairement de tenir la DPG.
Une nouvelle séquence institutionnelle
Cette clarification du Bureau intervient dans un contexte institutionnel particulièrement sensible, alors que la Déclaration de politique générale constitue un rendez-vous majeur entre le Gouvernement et la représentation nationale.
Le décret présidentiel, signé le 24 août, avait fixé l’ordre du jour de la session extraordinaire à la DPG du Premier ministre. Mais l’Assemblée nationale entend désormais distinguer deux étapes : l’ouverture de la session extraordinaire, puis la fixation de la date de la séance plénière consacrée à la DPG.
Le calendrier définitif dépendra donc de la prochaine réunion de la Conférence des Présidents.
Une chose est désormais actée : le mardi 1er septembre à 10 heures, les députés se réuniront pour ouvrir la deuxième session extraordinaire de l’année 2026. La date effective de la Déclaration de politique générale du Premier ministre devra, elle, être arrêtée ultérieurement.
