En pleine éliminatoire de la coupe du monde de football, le Sénégal se séparait logiquement de son sélectionneur Aliou CISSE qui, suite à la récurrence de ses systèmes de jeu inexplicables ayant abouti à de piètres résultats, avait fini de plonger l’équipe dans un balbutiement que tout le monde savait anormal.
Son successeur Pape THIAW redonnait espoir aux supporters avec cette victoire mémorable de 3 buts à 2 contre la République démocratique du Congo, au stade des martyrs de Kinshasa. Ce fut alors le début d’une série de succès jusqu’en finale de CAN qui a vu le Sénégal sacré pour la deuxième fois de son histoire.
A ce moment-là, le nouvel entraineur faisait presquel’unanimité sur son expertise, tellement la différence était nette entre lui et son prédécesseur tant sur le plan du jeu que sur celui des résultats.
Ce bilan combiné à la richesse du groupe qu’il détient déclenchait un motif suffisant d’y croire, et le rêve de gratifier le peuple sénégalais de lendemains meilleurs ainsi que d’un mondial honorable était permis.
Hélas, on s’est rendu compte que la signature du quitus qui lui a été délivré était prématurée et que ses performances relevaient beaucoup plus du destin et du miracle qu’autre chose. Le mauvais comportement de l’équipe au premier tour du mondial s’explique exclusivement par son incompétence.
Malgré tout, une large victoire sur l’Irak et dont il faut d’ailleurs arrêter de se glorifier eu égard à la faiblesse de cette équipe, qualifiait le Sénégal en 16ème de finale grâce à la règle des meilleurs troisièmes, devant ainsi croiser le fer avec les Diables rouges de la Belgique.
Pourtant, à l’annonce du onze de départ, aucune critique majeure ne pouvait être émise, à moins d’être nihiliste. Dans le jeu, les coéquipiers du Capitaine Idrissa GUEYE affichent une maestria hors normes et contrôlent le match pendant quatre-vingt (80) minutes avec un score de 2 buts à O, dont une réalisation d’anthologie du sociétaire de Crystal Palace Ismaëla SARR.
A cet instant précis, même avec un entraineur médiocre la rencontre était pliée. Le doute et le désespoir avaient fini de s’installer dans le camp adverse. Le coach Rudi GARCIA ne trouvait rien de mieux à faire que de griffonner sur un bloc-notes qui faisait les choux gras du caméraman. Pendant ce temps, l’équipe sénégalaise quant à elle, entrevoyait la qualification.
Malheureusement, c’était sans compter avec l’adage qui dit qu’à beau « chasser le naturel il revient au galop ». Monsieur Pape THIAW retombe encore dans ses travers avec ce qu’il sait faire de mieux : procéder à des choix dont l’impertinence et l’inopportunité sont maintenant érigées en lapalissade. Il désarticule complètement l’équipe en récitant la leçon des changements mécaniques et programmés.
Dépourvu du minimum de métier, il était incapable de gérer le score sur les dix minutes qui restaient et décrocher le sésame.
Des sourires insipides aux promenades désinvoltes, en passant par l’expression de ce faciès de perdant et cette stature debout qui ne séduit personne, il entama ses tâtonnements légendaires dont il est seul à détenir le secret. La cohérence, la logique et la pertinence étaient aux abonnés absent dans ses choix. Pour lui, ceux-ci sont simplement assimilables à une activité ludique tel un enfant qui s’essaie au ludo ou au babyfoot, ou alors à un quinquagénaire oisif qui joue aux cartes. A titre d’illustration :
Comment peut- il expliquer la sortie de Pape GUEYE qui était en plein dans son match ?
Qu’est-ce que Pape Matar SARR était venu faire là-bas ?
Pourquoi maintenir Sadio MANE dont le rendement n’était qu’illusoire ?
Quelle prouesse tactique a-t-il opérée pour se tirer d’affairedevant les assauts de Roméli LUKAKU par qui persistait le danger ?
En huit (08) minutes, le match bascule et la désillusion commença à se dessiner avant que le pénalty accordé aux Belges ne vienne sceller définitivement le sort du Sénégal.Pape THIAW venait d’anéantir derechef, tout l’espoir qu’on avait sur lui. Il a montré à la face du monde que son niveau est encore dans les immondices, comparé à celui de ses homologues, et que sa prestation est révélatrice de la grosse erreur des décideurs du football à lui avoir accordé une seule once de confiance.
Ceux-là qui invoquent l’inexpérience pour essayer de justifier sa débâcle doivent s’éloigner de l’hypocrisie et se rendre à l’évidence. Ce n’est pas en équipe nationale, encore moins lors d’un mondial qu’on apprend le métier d’entraineur. Un sélectionneur qui n’a ni l’intelligence des situations, ni le flaire, ni le sens de l’anticipation, ni la poigne et le charisme nécessaires, n’a pas sa place en coupe du monde. Il n’a pas été choisi pour tout le temps nous servir des alibis du genre : « c’est le football », « on aurait pu… », « ça fait mal » et j’en passe.
Vouloir lire un livre alors qu’on ne maîtrise pas l’alphabet relève d’une hypothèse d’école ou d’une pure utopie. Arrêtons de nous voiler la face et de continuer, avec cet entraineur, à nourrir des ambitions aux allures d’éléphant blanc.
C’est pourquoi le toupet, le culot et l’outrecuidance qui ont prévalu à sa requête de hausse drastique de salaire, doivent condamner les autorités du football à lui opposer une ferme exigence et un défaut criard de résultats pour se défaire de lui. S’incliner dans un match d’une telle envergure de cette pire des manières est presque un tsunami et il ne mérite point des émoluments à coups de plusieurs millions.
Ayant éliminé le Sénégal avec une telle honte, un tel désarroi et cette déception à nulle autre pareille, il doit avoir l’orgueil, la grandeur et la dignité de démissionner. Autrement, Monsieur Pape THIAW doit être immédiatement limogé sans état d’âme car il n’a pas le niveau et le bagage requis pour diriger cette équipe nationale.
Abdoulaye FALL
