Le limogeage du Premier ministre continue de susciter des réactions et des analyses au sein de la classe politique et de la société civile. Invité à se prononcer sur la situation, Elimane Haby Kane a mis en garde contre les conséquences institutionnelles d’une telle décision, estimant que le Sénégal pourrait passer d’« une cohabitation douce » à une « cohabitation corsée » entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale.
Selon le président du Think Tank LEGS AFRICA, cette rupture politique risque d’ouvrir une période de fortes tensions institutionnelles, d’autant plus que l’ancien Premier ministre demeure le président du parti majoritaire à l’Assemblée nationale. Une configuration qui, à ses yeux, pourrait compliquer considérablement les rapports entre le pouvoir exécutif et le Parlement.
« Cette décision va forcément installer une cohabitation qui était même présagée douce par le Premier ministre pendant qu’il était encore là, mais qui certainement va être maintenant de plus en plus corsée », a-t-il déclaré.
Pour Elimane Haby Kane, les risques ne sont pas uniquement politiques, mais également institutionnels. Il évoque notamment la possibilité d’un blocage autour de la formation d’un nouveau gouvernement, lequel pourrait être confronté à une motion de censure de la part de l’Assemblée nationale.
Le Président de Legs Africa n’exclut pas non plus une dissolution de l’Assemblée nationale dans les prochains mois si les tensions venaient à s’aggraver. Il rappelle toutefois que les mécanismes constitutionnels offrent au président de la République des marges de manœuvre pour tenter de rééquilibrer les institutions et restaurer une stabilité politique.
Au-delà du bras de fer institutionnel, Elimane Haby Kane appelle surtout à privilégier « la sagesse » et l’intérêt général. Selon lui, les différents acteurs politiques doivent dépasser les enjeux partisans et les luttes de pouvoir afin de préserver la stabilité du pays dans un contexte économique et social déjà difficile.
« Le Sénégal est dans une situation difficile sur le plan économique et social. La finalité de leur action doit être le bien-être des populations », a-t-il insisté, plaidant pour des compromis politiques capables d’atténuer les effets de la crise actuelle.
Le président de LEGS AFRICA estime enfin qu’une mobilisation de toutes les compétences nationales et des « vibrations positives » est nécessaire pour permettre au Sénégal de retrouver des marges de manœuvre budgétaires et répondre aux attentes des populations.
