Démission d’El Malick Ndiaye et retour de Sonko à l’Assemblée nationale

Coup de tonnerre à l’Assemblée nationale. Selon des informations exclusives obtenues par notre rédaction, El Malick Ndiaye a démissionné de son poste de Président de l’Assemblée nationale.

Au même moment, Ousmane Sonko signe son retour à l’Assemblée nationale. Dans les rangs de PASTEF, les députés ont déjà engagé la procédure pour permettre au leader du parti de diriger l’institution parlementaire. Son siège de député était jusque-là occupé par Ismaïla Wone, son suppléant.

Son intégration puis son installation sont prévues ce mardi, selon les informations obtenues à l’issue de la réunion d’urgence du Bureau de l’Assemblée nationale et de la Conférence des présidents tenue ce dimanche.

Cette nouvelle séquence politique ouvre une bataille institutionnelle majeure autour du contrôle du perchoir et de la recomposition du pouvoir au sommet de l’État.

Cependant, cette perspective suscite déjà une vive controverse chez plusieurs spécialistes du droit parlementaire. Parmi eux, Alioune Souaré, spécialiste des questions parlementaires, estime que les textes actuellement en vigueur empêchent le retour automatique de Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale.

Selon lui, l’article 54 de la Constitution dispose clairement que la qualité de membre du gouvernement est incompatible avec le mandat parlementaire. Cette incompatibilité est encadrée par les dispositions du Code électoral et du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

L’article LO 175 du Code électoral renvoie ainsi à la procédure prévue par le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, notamment son article 132, qui impose au député concerné de prouver, dans les huit jours suivant son entrée en fonction au gouvernement, qu’il s’est démis de ses fonctions incompatibles avec son mandat parlementaire.

Pour Alioune Souaré, les textes ne mentionnent à aucun moment une simple « suspension » du mandat parlementaire. Il rappelle que Ousmane Sonko avait officiellement démissionné de son mandat de député le 2 décembre 2024, lors de l’installation de la 15e législature.

Le spécialiste évoque également un second obstacle juridique : la non-rétroactivité de la loi organique 2025-11 du 18 août 2025 portant règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Cette réforme prévoit désormais, en son article 124, la réintégration automatique des députés nommés au gouvernement après la cessation de leurs fonctions ministérielles.

Mais selon cette analyse, cette disposition ne peut pas bénéficier à Ousmane Sonko, puisque sa démission de l’Assemblée nationale a été actée plusieurs mois avant l’entrée en vigueur de cette nouvelle loi.

Malgré ces réserves juridiques, les députés de PASTEF ont clairement ouvert la voie à une nouvelle bataille politique autour du contrôle de l’Assemblée nationale. La démission de El Malick Ndiaye marque ainsi un tournant décisif dans la recomposition du pouvoir au sommet de l’État.

Commentaire

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus récents