La décision de l’Etat de ne plus financer les clubs engagés en compétitions africaines suscite une vive inquiétude au sein de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF). Face à ce désengagement, son président, Me Augustin Senghor, préconise une approche résiliente et une recherche accrue d’autonomie financière.
Un coup dur pour les clubs sénégalais
Dans un courrier en date du 19 février, la ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Khady Diène Gaye, a informé la FSF de l’arrêt du financement des clubs engagés en Coupe de la CAF et en Ligue des champions africaine. Ce retrait de l’Etat, qui couvrait jusqu’ici le transport aérien des clubs, représente un véritable défi pour la FSF. « Nous avons accueilli cette décision avec beaucoup d’inquiétude, car la Fédération supporte déjà de lourdes charges pour le développement du football sénégalais, tant sur le plan local qu’international. Cependant, nous devons nous adapter à cette nouvelle réalité », a réagi Me Senghor.
Des conséquences financières majeures
Le transport aérien des équipes représente en moyenne 25 millions de FCFA par voyage pour une délégation de football. Avec la fin de cette prise en charge, les charges de la FSF s’alourdissent considérablement. « La FSF prend déjà en charge toutes les équipes nationales, à l’exception de l’équipe A pour laquelle nous contribuons à une hauteur raisonnable. Nous finançons également l’ensemble du football amateur, les dépenses de la Ligue professionnelle et l’arbitrage, ainsi que des investissements sur les infrastructures footballistiques », a détaillé le président de la FSF. Malgré cette pression financière, Me Senghor veut transformer cette crise en opportunité pour rendre le football sénégalais plus autonome. « Il nous faudra faire preuve de résilience et trouver des solutions pour un financement plus autonome du football », a-t-il préconisé.
L’Etat justifie son désengagement
De son côté, le ministère des Sports a tenu à préciser les raisons de ce retrait. Dans un communiqué, il a rappelé que l’Etat doit répartir son budget de manière équilibrée entre toutes les disciplines sportives. Pour l’année 2025, une enveloppe de 4,9 milliards de FCFA est prévue pour les compétitions internationales, dont 2,253 milliards pour les qualifications à la Coupe du monde 2026. Un montant en baisse par rapport à 2024, où l’arbitrage budgétaire était de 7 milliards de FCFA.
Le ministère a justifié ce choix en mettant en avant les investissements réalisés dans les infrastructures sportives. « L’Etat a décidé de se concentrer exclusivement sur la prise en charge des équipes nationales engagées dans les compétitions internationales. Nous encourageons les fédérations à renforcer leur autonomie et à trouver des mécanismes de financement innovants », indique le communiqué.
Vers une autonomie financière du football sénégalais ?
Face à cette situation, Me Augustin Senghor plaide pour une ouverture accrue au financement privé. « L’Etat aurait pu accompagner sa décision par des mesures facilitant l’implication des entreprises dans le financement du sport et en rendant les compétitions plus attractives, notamment par des droits TV et commerciaux », a-t-il estimé. Le football sénégalais doit donc amorcer une mutation structurelle pour trouver des ressources alternatives et poursuivre son développement sur la scène continentale et mondiale.
