LE CDEPS DÉNONCE UNE ENTORSE DU RÉGIME DANS LA NOMINATION DES MEMBRES DU CNRA

Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) a vivement réagi à la récente publication du décret 2024-3401 portant nomination des membres du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA). Selon le président du CDEPS, Mamadou Ibra Kane, ce décret viole plusieurs principes fondamentaux, accusant le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique d’incompétence et de mauvaise gestion.

Le CDEPS souligne que la nomination des membres du CNRA relève exclusivement de la compétence du président de la République, et non de celle du ministre de la Communication. Le décret, selon l’organisation, contredit aussi les dispositions légales régissant le CNRA, en ce qu’il suggère que les membres puissent être remplacés, alors que leur mandat de six ans est non renouvelable et non révocable.

Le CDEPS insiste également sur le fait que, conformément à la loi, les membres du CNRA doivent être indépendants et ne doivent pas afficher d’affiliation partisane. Cette indépendance est essentielle pour garantir la liberté et la diversité de l’information audiovisuelle dans le pays.

Dans son communiqué, l’organisation appelle le gouvernement à respecter les textes en vigueur et à mettre en place la Haute Autorité de régulation de la communication audiovisuelle (HARCA), qui doit remplacer le CNRA, conformément aux réformes du nouveau Code de la presse.

Le CDEPS va même plus loin en dénonçant une série d’actions du ministre de la Communication qui, selon eux, ont instauré un climat de tension et de censure dans le secteur des médias. Le ministre serait responsable, d’après le CDEPS, d’une série de mesures qui portent atteinte à la liberté de la presse, y compris la loi sur la publicité qui exclurait les entreprises de presse de la publicité commerciale.

Mamadou Ibra Kane et ses collaborateurs concluent en exprimant leur inquiétude face à un climat de « terreur et d’arbitraire » qui persiste dans le secteur médiatique. Ils rappellent que les médias sénégalais, qui ont joué un rôle clé dans les alternances politiques du pays, méritent un environnement stable et respectueux des libertés fondamentales pour continuer à contribuer à la stabilité et au développement du Sénégal.

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