LÉGISLATIVES : PASTEF AFFICHE SA VISION POUR UNE NOUVELLE GOUVERNANCE PARLEMENTAIRE

Invité de la matinale Salam Sénégal de la RSI, Ayib Daffé, secrétaire général du Pastef, a détaillé les ambitions du parti suite à sa victoire électorale, traçant les contours d’une nouvelle gouvernance parlementaire.

Après avoir remporté une majorité confortable lors des législatives du 17 novembre, Daffé a d’emblée annoncé les principaux chantiers : l’adoption du budget et la création d’une Haute Cour de justice, impérative selon la loi. Le dirigeant a insisté sur la nécessité pour les députés Pastef de s’inspirer de l’exemplarité d’Ousmane Sonko durant sa précédente législature de 2017 à 2022, période durant laquelle le leader avait su défendre les intérêts populaires et contrôler l’action gouvernementale.

Pour renouveler les pratiques parlementaires, Daffé a proposé un format innovant pour les débats à l’Assemblée nationale. Sa suggestion principale : inviter des journalistes pour favoriser des échanges transparents entre députés et membres du gouvernement. « Nous aspirons à une rupture avec le passé », a-t-il déclaré, martelant que l’Assemblée nationale doit rester un espace indépendant, « gardien du projet national » et non une simple annexe du parti au pouvoir.

Concernant la présidence de l’Assemblée nationale, Daffé a habilement esquivé les spéculations sur une possible candidature d’Ousmane Sonko. « Cette question doit être réglée en interne », a-t-il précisé, soulignant que plusieurs députés du parti possèdent les compétences et la légitimité pour ce poste.

Rendant grâce à Dieu pour leur victoire, le secrétaire général a attribué leur succès électoral à plusieurs facteurs : la candidature de Sonko en tête de liste nationale, l’efficacité de la campagne menée par Fadillou Keita et Djamila Sané, mais aussi la confiance manifestée par les électeurs depuis le 24 mars 2024.

Évoquant la défaite de l’inter-coalition d’opposition, Daffé n’a pas ménagé ses critiques. Il a qualifié cette alliance d' »opportuniste », soulignant son manque de préparation et le déficit de légitimité de certains candidats. Néanmoins, il a affirmé la place légitime de l’opposition à l’Assemblée nationale, l’encourageant à élaborer une stratégie claire pour s’affirmer dans le débat politique.

Le dirigeant a également mis en avant la synergie entre le président de la République et le Premier ministre, tout en insistant sur la continuité de leur action depuis leur arrivée au pouvoir. « Nous avons présenté un référentiel 2050 pour montrer que nous ne sommes pas là par opportunisme », a-t-il conclu.

Cette intervention d’Ayib Daffé dessine ainsi les contours d’une nouvelle ambition parlementaire, mêlant rupture avec les anciennes pratiques et volonté de transparence démocratique.

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