Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi, le directeur général des Élections, Biram Sène, a révélé qu’environ 3 millions de Sénégalais, bien qu’étant détenteurs de la carte d’identité biométrique de la CEDEAO, ne figurent pas sur les listes électorales.
Cette annonce intervient dans le cadre de la révision ordinaire des listes électorales, un processus annuel encadré par l’article L37 du code électoral. Pour l’année 2025, cette révision a débuté le 1er février et se poursuivra jusqu’au 31 juillet. Elle vise notamment à inscrire les nouveaux électeurs, modifier les adresses ou circonscriptions électorales et effectuer des radiations pour les personnes décédées ou frappées d’incapacité juridique.
Selon Biram Sène, le Sénégal compte une population de 18 millions d’habitants, tandis que le fichier électoral recense actuellement 7 371 891 électeurs. « Nous avons environ 3 millions de Sénégalais possédant la carte d’identité biométrique mais n’ayant pas de données électorales », a-t-il précisé. Il a également souligné que ce déficit d’inscription prive un grand nombre de citoyens de leur droit de vote.
568 commissions en place pour la révision des listes
Le processus de révision est mis en œuvre par des commissions administratives instaurées par les préfets et sous-préfets, avec le soutien de la Direction de l’automatisation du fichier (DAF) et sous la supervision de la Commission électorale nationale autonome (CENA). À ce jour, 568 commissions ont été déployées à travers le pays, un chiffre qui pourrait atteindre 600 avec l’installation de commissions itinérantes. Ces commissions sont chargées de traiter les inscriptions des nouveaux électeurs, les demandes de modifications et les radiations. Pour ces démarches, la présentation de l’original de la carte d’identité biométrique est obligatoire. « Pas d’extrait de naissance ni de photocopie de la carte d’identité », a insisté Biram Sène. Le directeur des Élections a rappelé que la période du 11 au 31 juillet sera consacrée au traitement des contentieux liés aux révisions, radiations d’office et publications des listes provisoires. En cas de litige, les citoyens disposent d’un délai de 10 jours pour introduire un recours auprès de la Cour suprême.
Des solutions en vue pour la radiation des personnes décédées
Biram Sène a également abordé la question des personnes décédées figurant toujours sur les listes électorales. Il a expliqué que le manque de déclaration des décès complique les procédures de radiation. « Les Sénégalais ne déclarent pas les décès. Or, le certificat de décès est un document essentiel pour attester du décès d’un électeur », a-t-il précisé. Pour y remédier, la Direction de l’automatisation du fichier envisage un recensement des registres de décès au niveau des communes afin de mettre à jour le fichier électoral.
Carte d’identité biométrique obligatoire dès 15 ans
Le directeur général des Élections a rappelé que, conformément à la loi de 2016, la carte d’identité biométrique est accessible dès l’âge de cinq ans et devient obligatoire à partir de 15 ans. « Ceux qui ne l’ont pas à cet âge devraient être poursuivis », a-t-il averti, soulignant l’importance de cette pièce pour l’exercice du droit de vote.
Biram Sène a enfin appelé les citoyens, toutes sensibilités politiques confondues, à se mobiliser pour s’inscrire massivement et éviter les affluences de dernière minute dans les commissions d’enrôlement.
