Le Garde des Sceaux a officiellement saisi l’Assemblée nationale pour demander la levée de l’immunité parlementaire du député Farba Ngom. Cette démarche intervient après la publication d’un rapport accablant de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), qui fait état de transactions suspectes d’une valeur provisoire estimée à plus de 125 milliards de francs CFA.
Des accusations graves portées contre le député
Selon le procureur financier El Hadj Alioune Abdoulaye Sylla, une information judiciaire a été ouverte pour association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux, escroquerie sur des deniers publics, corruption, trafic d’influence et abus de biens sociaux. Les investigations, basées sur un rapport détaillé de la Centif, révèlent des mécanismes sophistiqués de blanchiment impliquant des sociétés écran et des Déclarations d’opérations suspectes (DOS) transmises par des banques.
Le rapport met également en lumière des fonds reçus par Tahirou Sarr en provenance du Trésor public, suivis de virements à des sociétés et individus, dont Farba Ngom. Ce dernier aurait perçu des montants via des structures telles que la SCI Haba, dont il est propriétaire.
Réactions et défense de Farba Ngom
Un proche du député a affirmé que Farba Ngom, récemment rentré du Maroc, n’a « rien à se reprocher ». Selon ses déclarations, les fonds perçus proviendraient de paiements réguliers de la société Sofico. Cependant, le parquet financier estime qu’il s’agit de rétrocommissions versées en échange de son rôle dans la facilitation de marchés publics en faveur de Tahirou Sarr.
Une procédure en cours à l’Assemblée nationale
Conformément aux procédures, le bureau de l’Assemblée nationale se réunira ce mardi à 16 heures pour examiner la demande de levée d’immunité, suivie d’une conférence des présidents à 17 heures. Farba Ngom, jusque-là silencieux, n’a pas encore été auditionné ni convoqué par les autorités compétentes.
Une affaire qui secoue la sphère politique


Cette affaire s’inscrit dans un contexte où le Parquet financier de Dakar intensifie ses enquêtes sur des personnalités publiques et des montants colossaux. Dans la même dynamique, Abdoulaye Saydou Sow, ancien ministre de l’Urbanisme, est également cité dans une affaire liée à la gestion du foncier, tandis que Tahirou Sarr fait face à des soupçons de rétrocessions litigieuses.
Ces révélations, basées sur l’article 66 de la loi anti-blanchiment, pourraient marquer un tournant décisif dans la lutte contre la corruption au Sénégal. L’affaire Farba Ngom, en particulier, met en lumière des pratiques opaques et soulève des questions sur l’intégrité de certains élus et hauts fonctionnaires.
