En douze années d’existence, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) aura coûté plus de 65 milliards de francs CFA aux contribuables sénégalais. De son côté, le Haut Conseil des collectivités territoriales (HCCT), en seulement huit ans, a absorbé 138 milliards de francs CFA. Ces dépenses, jugées excessives, ont suscité une réforme majeure adoptée ce samedi 14 décembre 2024 par l’Assemblée nationale.
Le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a défendu avec succès le projet de loi visant à supprimer ces deux institutions. Lors du vote, le texte a recueilli une large adhésion, avec 134 voix pour, 8 contre et 2 abstentions.
Un bilan financier accablant
Dans son intervention, M. Diagne a dressé un tableau financier édifiant. De 2012 à 2024, le CESE a coûté plus de 65 milliards de francs CFA. Le HCCT, instauré en 2016, a, quant à lui, consommé 138 milliards de francs CFA en huit ans. En tout, ces deux structures ont mobilisé près de 204 milliards de francs CFA provenant du budget de l’État.
« Cette suppression s’inscrit dans une véritable œuvre de salubrité budgétaire », a déclaré le ministre, soulignant que ces ressources pourraient être réorientées vers des secteurs prioritaires. Parmi les bénéficiaires envisagés, l’éducation nationale occupe une place prépondérante, avec un accent mis sur le renforcement du corps enseignant. D’autres secteurs stratégiques pourraient également en profiter, selon les orientations gouvernementales.
Une réforme soutenue par l’opinion publique
Le Garde des Sceaux a également mis en exergue le large soutien populaire dont bénéficie cette réforme. Elle intervient dans un contexte de fortes attentes citoyennes en matière d’optimisation des dépenses publiques. L’adoption de ce texte survient quelques semaines seulement après son rejet initial par une législature précédente, témoignant de l’évolution des rapports de force au sein du Parlement.
Avec cette décision, le gouvernement entend marquer un tournant dans la gestion des finances publiques, en répondant aux exigences d’une meilleure allocation des ressources. Le chemin de la réforme, bien que semé d’embûches, semble trouver un écho favorable tant au sein de l’hémicycle que dans l’opinion publique.
