À la veille de l’examen de la proposition de révision de la Constitution à l’Assemblée nationale, le Conseil national du Laïcat du Sénégal (CNLS) est sorti de sa réserve. Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, l’organisation catholique exprime sa « profonde préoccupation » face au processus engagé par la majorité parlementaire et appelle à privilégier le dialogue ainsi qu’un large consensus national.
Selon le CNLS, une réforme de la Constitution ne peut être conduite dans la précipitation. L’organisation rappelle que, depuis l’indépendance, les grandes révisions constitutionnelles au Sénégal ont toujours été précédées de concertations associant les acteurs politiques, les autorités religieuses, la société civile, les universitaires, les médias et les citoyens.
Le Conseil estime que la Constitution constitue « le socle du vivre-ensemble » et considère que toute modification devrait résulter d’un dialogue inclusif afin d’éviter qu’elle ne soit perçue comme une réforme partisane ou source de divisions.
Dans sa lettre, le CNLS insiste également sur la nécessité de respecter le temps démocratique. Il avertit qu’une réforme adoptée dans l’urgence pourrait engendrer des insuffisances juridiques, fragiliser l’équilibre des institutions et affecter la confiance des partenaires du Sénégal.
Le Conseil national du Laïcat plaide en outre pour une évaluation préalable des dispositions constitutionnelles nécessitant réellement des modifications, avant toute initiative de révision.
Au nom de « l’engagement de l’Église pour le bien commun » et « en communion avec les Pères Évêques », l’organisation exprime sa désapprobation face à ce qu’elle qualifie de « dynamique précipitée », estimant que les députés, bien que détenteurs d’un mandat populaire, ne peuvent à eux seuls engager le peuple sur une question aussi fondamentale.
Le CNLS propose une démarche articulée autour de quatre étapes : un examen approfondi à l’Assemblée nationale, des consultations avec les partis politiques, les chefs religieux, la société civile et les experts, une large campagne d’information des citoyens, puis, en dernier ressort, une validation populaire par référendum.
Dans son adresse au chef de l’État, le Conseil rappelle également que celui-ci a prêté serment de respecter la Constitution et de défendre les institutions. Il l’invite à faire preuve de prudence afin d’éviter toute instabilité institutionnelle.
Enfin, le CNLS estime que les priorités du moment demeurent les préoccupations économiques et sociales des Sénégalais, notamment l’emploi des jeunes, la migration irrégulière et le développement du monde rural. Il appelle le président Bassirou Diomaye Faye à privilégier la concertation, le respect du peuple sénégalais dans toute sa diversité et la recherche de l’intérêt supérieur de la Nation.
