Le président du groupe parlementaire PASTEF Les Patriotes , Ayib Daffé, a défendu la proposition de révision constitutionnelle en discussion à l’Assemblée nationale ce lundi , estimant qu’elle respecte strictement les dispositions juridiques en vigueur et s’inscrit dans une dynamique de réformes issues de plusieurs cycles de concertation nationale.
S’exprimant devant la presse, le député a d’abord insisté sur la conformité du processus. Selon lui, l’initiative parlementaire est pleinement encadrée par l’article 103 de la Constitution, qui reconnaît le droit d’initiative de révision au Président de la République et aux députés. Il soutient également que la procédure suivie, du dépôt du texte à son examen en commission, respecte le règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Ayib Daffé rappelle par ailleurs que certaines dispositions constitutionnelles demeurent intangibles, notamment celles relatives à la forme républicaine de l’État et aux règles fondamentales du mandat présidentiel.
Sur le fond, le président du groupe parlementaire estime que la réforme vise à renforcer l’État de droit et à rééquilibrer les institutions. Il affirme qu’elle s’inscrit dans la volonté de réduire l’hyperprésidentialisme, conformément aux engagements politiques pris devant les électeurs.
Le député inscrit également cette réforme dans une continuité historique de dialogues nationaux, citant notamment les Assises nationales, la Commission de réforme des institutions, ainsi que les récents dialogues sur la justice et le système politique. Selon lui, plusieurs consensus issus de ces différentes concertations ont été intégrés dans le projet de texte.
Répondant aux critiques sur un manque de concertation, Ayib Daffé considère qu’il ne saurait être question de « dialogue éternel ». Il estime qu’à un moment donné, les institutions doivent assumer leurs responsabilités et traduire les consensus en décisions concrètes. Il met également en garde contre toute influence de groupes de pression qu’il juge éloignés de l’intérêt général.
Le parlementaire a également défendu les principales innovations contenues dans la réforme, notamment la création d’une Cour constitutionnelle et d’un organe indépendant chargé de l’organisation des élections. Ces mesures sont, selon lui, le fruit d’accords politiques déjà actés lors des différents cadres de dialogue.
Concernant les critiques politiques, Ayib Daffé les qualifie de « sans fondement », appelant à une lecture juridique et institutionnelle du texte plutôt qu’à une approche politisée du débat.
Enfin, il a assuré que le processus parlementaire se poursuivra normalement jusqu’à son terme, dans le respect des procédures prévues. La suite du processus dépendra, le cas échéant, de la décision du Président de la République quant à une adoption définitive ou à un recours au référendum.
