L’organisation WAXJOTNA exprime son indignation après les meurtres, survenus à deux jours d’intervalle, d’une adolescente de 14 ans et d’un bébé de deux ans. L’organisation dénonce le silence des pouvoirs publics ainsi que la faible mobilisation nationale face à ces drames.
Selon WAXJOTNA, ces crimes ne peuvent être considérés comme de simples faits divers. L’organisation estime qu’ils s’inscrivent dans un contexte plus large de violences faites aux femmes et aux filles au Sénégal. Elle souligne qu’au cours de l’année 2026, huit féminicides auraient déjà été recensés en moins de six mois, un rythme comparable à celui observé en 2025.
Dans son communiqué, WAXJOTNA rappelle que le droit pénal sénégalais ne reconnaît pas le féminicide comme une infraction spécifique. Les homicides de femmes et de filles sont actuellement poursuivis sous les qualifications générales de meurtre ou d’assassinat, sans prise en compte de leur caractère lié au genre. Pour l’organisation, cette absence de qualification spécifique limite la production de statistiques fiables, l’élaboration de politiques publiques adaptées et la prévention de ces violences.
L’organisation plaide ainsi pour l’inscription du féminicide comme crime autonome dans le Code pénal sénégalais, à l’instar d’autres qualifications spécifiques telles que le parricide ou l’infanticide. Elle demande également la reconnaissance explicite du mobile de genre et du contexte systémique dans lequel s’inscrivent ces crimes.
Au-delà de cette réforme, WAXJOTNA appelle les autorités à renforcer les politiques pénales, les dispositifs de prévention et les mécanismes de collecte de données sur les violences basées sur le genre.
Le communiqué revient également sur le projet de Code de l’enfant. L’organisation rappelle qu’un groupe de travail avait été mis en place par le ministère de la Justice en 2014 pour élaborer ce texte, mais qu’il n’a toujours pas été adopté plus de dix ans après. Elle exhorte les autorités à accélérer son adoption afin de renforcer la protection juridique des enfants.
