Ousmane Diagne est officiellement entré en fonction ce mardi 11 août 2026 comme Président du Conseil constitutionnel. Nommé par décret présidentiel le 13 juillet dernier, l’ancien Garde des Sceaux a prêté serment lors d’une cérémonie solennelle, en présence de plusieurs hauts responsables de la justice et des institutions de la République.
La cérémonie a été marquée par un hommage appuyé à feu Mamadou Badio Camara, ancien Président du Conseil constitutionnel, rappelé à Dieu. Dans son discours, la vice-présidente du Conseil constitutionnel, Amina Ly Ndiaye, a salué la mémoire d’un « homme attachant, aux multiples qualités », au nom de l’ensemble des membres de l’institution.
Elle a également rappelé la période d’intérim assurée depuis avril 2025, soulignant que le Conseil constitutionnel avait poursuivi ses missions dans « la sérénité », grâce notamment à la collégialité et à la solidarité de ses membres.
S’adressant au nouveau président, Amina Ly Ndiaye a mis en avant un parcours de près de 37 années au service de la justice. Ousmane Diagne a notamment exercé comme procureur de la République à Saint-Louis, Kolda, Diourbel, Kaolack et Dakar, avant d’occuper les fonctions de substitut général puis de procureur général près la Cour d’appel de Dakar. Promu Premier Avocat général près la Cour suprême en 2023, il a ensuite été nommé Garde des Sceaux, ministre de la Justice, fonction qu’il a occupée jusqu’en septembre 2025.
Pour la vice-présidente du Conseil constitutionnel, ce parcours constitue un « précieux gage » pour l’exercice de ses nouvelles responsabilités, notamment en matière d’indépendance, d’impartialité et de loyauté envers la loi.
Le serment prêté par Ousmane Diagne marque officiellement son installation à la tête de l’institution. Une responsabilité qui, selon Amina Ly Ndiaye, impose au nouveau président de veiller au respect de la Constitution, à l’équilibre des pouvoirs, à la protection des libertés constitutionnelles et à la consolidation de l’État de droit.
Mais la nouvelle présidence intervient dans un contexte où les décisions du Conseil constitutionnel sont particulièrement scrutées. Médias, réseaux sociaux et acteurs politiques commentent désormais largement les décisions de l’institution.
Face à cette pression, la vice-présidente a rappelé la vocation du juge constitutionnel : résister à « la tyrannie de l’instant », sans rechercher l’approbation, mais en restant fidèle au droit. Elle a appelé le nouveau président à écouter la société sans devenir « l’écho de ses passions », et à accepter que certaines décisions puissent être impopulaires, à condition qu’elles soient justes, motivées et conformes à la Constitution.
Après le serment, Ousmane Diagne prend ainsi les commandes d’une institution dont l’enjeu central reste la préservation de la confiance des citoyens dans la justice constitutionnelle et dans les institutions de la République.
