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Revue de presse : Composition du nouveau gouvernement, bras de fer Diomaye–PASTEF et liste des Lions à la Une des quotidiens

L’actualité est largement dominée ce matin par la publication du nouveau gouvernement du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo, qui continue de susciter commentaires, analyses et interrogations dans la presse nationale. « Diomaye s’assume », titre WalfQuotidien. Le journal estime que le chef de l’État a fait le choix d’imprimer sa propre marque à travers une équipe gouvernementale construite autour du programme Diomaye-Président et du Plan Sénégal Vision 2050. Walf souligne également l’entrée de nouvelles figures et le renforcement de certains ministres stratégiques.

Le Soleil parle quant à lui d’une « grande reconfiguration ». Le quotidien national met en avant un gouvernement mêlant continuité et renouvellement avec dix-huit nouveaux entrants issus de Pastef, de la coalition Diomaye Président, des partis alliés et de la technocratie. Le journal accorde également une large place à la feuille de route présentée par le nouveau Premier ministre.

Pour L’Observateur, le message politique est clair. Sous le titre « Diomaye sans état d’âmes », le journal souligne que le Président a privilégié l’intérêt de l’État au détriment des considérations partisanes. Le quotidien revient notamment sur la phrase prononcée par le Premier ministre : « La patrie et la République au-dessus de toute considération partisane ».

Le Quotidien va encore plus loin et évoque « une séparation sans fardes », estimant que Diomaye Faye et Ousmane Sonko actent désormais leur rupture politique. Le journal souligne toutefois que plusieurs responsables issus de Pastef ou de la mouvance patriotique demeurent dans l’équipe gouvernementale.

Même lecture du côté d’EnQuête qui titre : « Diomaye seul à la manœuvre ». Le journal revient sur les négociations avortées avec Pastef et les divergences qui ont conduit à la formation de ce gouvernement sans l’aval officiel du parti dirigé par Ousmane Sonko.

Libération parle des « prémices d’une confrontation » et détaille les tensions nées du refus de Pastef de participer au gouvernement. Le journal met en lumière les divisions internes provoquées par le maintien de plusieurs responsables proches du parti au sein de l’exécutif malgré les consignes du COMEX.

Dans un ton beaucoup plus offensif, Yoor-Yoor Bi dénonce « le grand reniement du 1er juin » et considère la nouvelle équipe gouvernementale comme une rupture avec le Projet porté par Pastef. Le journal évoque même l’avènement des « transhumants de l’intérieur ».

Autre sujet politique à la Une : la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Les Échos révèle que quatorze députés de l’opposition ont saisi le Conseil constitutionnel pour contester cette décision. Selon le journal, les requérants s’appuient sur l’article 54 de la Constitution et demandent aux « sept sages » de se prononcer sur la légalité de la procédure.

Dans le registre judiciaire, plusieurs journaux reviennent sur le dossier Ama Baldé. Les Échos annonce que le lutteur a été placé sous contrôle judiciaire. Libération précise qu’il devra se présenter périodiquement devant les autorités judiciaires dans le cadre de son suivi.

L’actualité sportive est marquée par la Coupe du Monde 2026. L’Observateur annonce que Moustapha Mbow et Ilay Camara ont été retirés de la liste définitive de Pape Thiaw. Le sélectionneur a finalement retenu Bara Sapoko Ndiaye parmi les 26 Lions appelés à défendre les couleurs du Sénégal au Mondial.

Record consacre également sa Une à ce dossier et revient sur le suspense qui entourait les dernières places de la sélection nationale. Le journal note que la prestation convaincante de Bara Sapoko Ndiaye face aux États-Unis a pesé dans les derniers arbitrages du staff technique.

Enfin, la presse rend un hommage appuyé au professeur Moustapha Kassé. Le Soleil salue la mémoire d’un « universitaire d’exception » tandis que Le Quotidien évoque « une recherche universitaire en deuil » après la disparition de l’éminent économiste et enseignant.

Coupe du Monde 2026 : Bara Sapoko Ndiaye récompensé, Mbow et Ilay Camara quittent la Tanière

Le Sénégal connaît désormais ses 26 Lions pour la Coupe du Monde 2026. La liste définitive de Pape Thiaw, transmise à la FIFA le 1er juin, a livré son verdict : Mbow et Ilay Camara sont les deux joueurs écartés du groupe élargi de 28 éléments.

À l’inverse, Bara Sapoko Ndiaye a réussi à convaincre le sélectionneur national et décroche son billet pour le plus grand rendez-vous du football mondial.

Bara Sapoko Ndiaye, la belle histoire

S’il y a un joueur qui a marqué des points lors de cette préparation, c’est bien Bara Sapoko Ndiaye. À seulement 18 ans, le milieu de terrain a profité du match amical contre les États-Unis pour démontrer toute l’étendue de son talent.

Dans une équipe sénégalaise parfois bousculée, le jeune pensionnaire du Bayern Munich a affiché de la personnalité, de la justesse technique et une maturité impressionnante. Une prestation qui n’est visiblement pas passée inaperçue aux yeux du staff technique.

Sa présence dans la liste finale constitue l’une des principales satisfactions de cette dernière ligne droite avant le Mondial.

Mbow paie sa prestation face aux États-Unis

Le sort de Mbow semble avoir été scellé lors de la rencontre amicale face aux Américains.

Entré en jeu dans une défense déjà en difficulté, le défenseur n’a pas réussi à rassurer. Comme plusieurs de ses partenaires du secteur défensif, il a souffert dans les duels et les transitions rapides, au point de voir sa candidature fragilisée au moment des choix définitifs.

Dans un contexte où chaque détail comptait, cette prestation n’a manifestement pas joué en sa faveur.

Ilay Camara victime de la concurrence

Pour Ilay Camara, le constat est différent. Le défenseur n’a pas eu l’occasion de s’exprimer lors du dernier match de préparation contre les États-Unis.

Sans temps de jeu dans cette ultime répétition générale, il n’a pas pu défendre pleinement ses chances face à une concurrence relevée. Le staff a finalement opté pour d’autres profils afin de compléter le secteur défensif.

Les 26 Lions désormais tournés vers le Mondial

Le groupe est désormais figé. Autour des cadres comme Sadio Mané, Kalidou Koulibaly, Idrissa Gana Guèye, Édouard Mendy ou encore Nicolas Jackson, le Sénégal abordera cette Coupe du Monde avec un mélange d’expérience et de jeunesse.

La qualification de Bara Sapoko Ndiaye constitue l’une des grandes enseignements de cette liste finale. Une récompense pour le jeune milieu de terrain qui aura su saisir sa chance au bon moment.

UCAD : décès du professeur Moustapha Kassé, figure majeure de l’économie africaine

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L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) est en deuil à la suite du rappel à Dieu du professeur Moustapha Kassé, économiste de renom, ancien doyen de la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion et figure emblématique du monde universitaire africain.

Dans un communiqué, l’institution universitaire a exprimé sa « profonde tristesse » face à la disparition de ce grand serviteur du savoir, saluant un parcours académique exceptionnel marqué par des décennies d’engagement dans l’enseignement supérieur, la recherche et la formation de générations d’économistes.

Le professeur Kassé est décrit comme une éminente personnalité scientifique dont les contributions ont largement dépassé les frontières du Sénégal. Agrégé en sciences économiques, ancien doyen et acteur central de plusieurs institutions académiques africaines, il a joué un rôle déterminant dans le développement de la pensée économique sur le continent.

L’UCAD souligne également son attachement constant à l’excellence académique et son implication dans la structuration de la recherche universitaire en Afrique, laissant un héritage intellectuel jugé « immense et durable ».

En cette circonstance douloureuse, l’université a présenté ses condoléances à la famille du défunt, à ses proches, à ses collègues ainsi qu’à l’ensemble de la communauté universitaire.

Le recteur de l’UCAD, Alioune Badara Kandji, a également salué la mémoire d’un enseignant-chercheur dont l’œuvre continuera d’inspirer les générations futures.

Le professeur Moustapha Kassé laisse derrière lui l’image d’un intellectuel engagé, d’un formateur rigoureux et d’une référence majeure de l’économie africaine contemporaine.

L’opposition parlementaire saisit le Conseil constitutionnel et conteste la réintégration de Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale

Les députés de l’opposition à l’Assemblée nationale ont annoncé, dans un communiqué rendu public ce lundi, avoir saisi le Conseil constitutionnel afin de contester la réintégration de Ousmane Sonko en qualité de député, estimant cette décision contraire à la Constitution.

Selon les signataires, la requête vise à faire déclarer inconstitutionnelle la décision du Bureau de l’Assemblée nationale en date du 24 mai 2026, ayant permis la réintégration de l’actuel président de l’Assemblée nationale. Les députés de l’opposition estiment que cette situation s’inscrit dans un cadre d’incompatibilité prévu par l’article 54 de la Constitution, et considèrent que la conservation de fonctions gouvernementales aurait entraîné une renonciation au mandat parlementaire.

Ils soutiennent que la réintégration suivie de l’élection de Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale le 26 mai 2026 constitue une violation du principe de séparation des pouvoirs et une atteinte à la Constitution. Pour eux, seule la haute juridiction constitutionnelle est habilitée à trancher une telle question, afin de garantir la régularité du fonctionnement institutionnel.

Les députés signataires affirment par ailleurs avoir rencontré des difficultés dans l’accès à certains documents administratifs nécessaires à leur recours. Ils indiquent avoir dû recourir à des sommations d’huissier pour obtenir l’acte de réintégration ainsi que le procès-verbal de la séance plénière du 26 mai 2026. Ils dénoncent le refus des services de l’Assemblée nationale de communiquer ces pièces, qu’ils considèrent comme des documents publics, y voyant une entrave aux droits des parlementaires et au principe de transparence.

Dans leur communiqué, ils estiment que cette situation porte atteinte au bon fonctionnement démocratique et appellent le Conseil constitutionnel à exercer pleinement son rôle de régulateur des institutions afin de mettre un terme à ce qu’ils qualifient de dérive institutionnelle.

Les signataires réaffirment enfin leur engagement à agir par les voies légales et pacifiques pour défendre la Constitution et l’État de droit, rappelant qu’aucune majorité ne saurait se situer au-dessus de la loi fondamentale de la République.

Sénégal : un gouvernement de 30 membres, même cap politique mais nouvelle méthode de gouvernance

Le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo a officiellement dévoilé, ce lundi, la composition de son nouveau gouvernement, dix jours après sa nomination. Un exécutif de 30 membres qui confirme la volonté des autorités de maintenir le cap politique tout en opérant une refonte de la méthode de gouvernance.

Ce nouvel attelage gouvernemental s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre accélérée de la Vision Sénégal 2050, avec un double objectif affiché : renforcer l’efficacité de l’action publique et améliorer la cohérence institutionnelle.

Un gouvernement réorganisé autour de pôles stratégiques

Le gouvernement est composé de 26 ministres et 4 ministres auprès de départements stratégiques. Plusieurs réformes structurelles majeures ont été introduites dans l’architecture de l’exécutif.

Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan est désormais unifié sous la conduite de Cheikh Diba, consacrant la fusion des anciens portefeuilles économiques et financiers dans une logique de rationalisation.

Dans le secteur extractif, une nouvelle architecture institutionnelle est mise en place avec la création d’un ministère autonome des Mines et de la Géologie, confié à Cheikhou Oumar Cissé, illustrant la volonté de mieux encadrer la gestion des ressources naturelles.

Autre changement notable : la création d’un ministère de la Communication et des Relations avec les Institutions, également porte-parole du gouvernement, confié à Bacary Sarr. Une innovation qui traduit une volonté de centraliser et professionnaliser la communication gouvernementale.

Des équilibres politiques globalement maintenus

Plusieurs ministres reconduits ou repositionnés assurent une forme de continuité administrative dans des secteurs clés.

Parmi eux figurent notamment Moustapha Mamba Guirassy à l’Éducation nationale, El Hadji Abdourahmane Diouf dans le secteur énergétique, ainsi que Cheikh Tidiane Dieye.

Le ministère de l’Intérieur est confié à Mouhamadou Makhtar Cissé, tandis que celui de la Justice revient à Moussa Sarr, marquant une recomposition des secteurs régaliens sans rupture majeure.

Une ouverture assumée vers la technocratie

Le nouvel exécutif intègre également plusieurs profils issus de divers horizons professionnels, traduisant une volonté d’équilibre entre expertise technocratique et ancrage politique.

Le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, ou encore le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, illustrent cette orientation visant à renforcer la capacité opérationnelle de l’État.

Comparaison avec le précédent gouvernement

Comparé à l’équipe dirigée par Ousmane Sonko, ce nouveau gouvernement se distingue par plusieurs ajustements structurels majeurs.

D’abord, une réduction et une rationalisation de l’architecture gouvernementale, notamment avec la fusion de ministères clés comme l’Économie et les Finances, auparavant séparés.

Ensuite, un réagencement des portefeuilles ministériels, avec plusieurs reconductions dans des configurations institutionnelles différentes, traduisant une logique de recentrage des missions.

Enfin, la suppression des secrétariats d’État, remplacés par des ministères de plein exercice ou des postes de ministres délégués, marque une volonté de simplifier la chaîne de décision et de renforcer la responsabilité des ministres.

Continuité du cap, changement de méthode

Malgré ces réformes, les autorités insistent sur la continuité de la ligne politique et le respect des engagements initiaux. Le gouvernement est présenté comme un « gouvernement de mission et de résultats », axé sur la performance et l’accélération des réformes.

Dans un contexte de fortes attentes sociales et économiques, cette nouvelle équipe est appelée à conjuguer stabilité politique et efficacité administrative, avec la Vision Sénégal 2050 comme boussole stratégique.

Sonko annonce l’absence de PASTEF dans le prochain gouvernement

 À quelques heures de la publication attendue du nouveau gouvernement, le président de l’Assemblée nationale et président de PASTEF-Les Patriotes, Ousmane Sonko, a annoncé que son parti ne participera pas à la prochaine équipe gouvernementale.

Dans un message rendu public ce lundi, Ousmane Sonko révèle que plusieurs discussions ont eu lieu entre les dirigeants de PASTEF et le président de la République en vue de la formation du gouvernement. Ces échanges s’inscrivaient, selon lui, dans « un esprit de responsabilité » et conformément aux engagements pris par le Comité exécutif du parti.

Le leader de PASTEF indique avoir eu, dans la matinée, un long entretien avec le chef de l’État. Si certaines convergences ont été constatées, des divergences importantes demeurent. Elles portent notamment sur « la place et le rôle de la majorité dans le dispositif exécutif », mais aussi sur l’architecture même du futur gouvernement, dont le parti dit ne pas connaître la structure.

Après une réunion de restitution avec les instances dirigeantes de PASTEF, de nouvelles propositions auraient été soumises au président de la République. Selon Ousmane Sonko, celles-ci n’ont pas reçu de réponse favorable.

« En conséquence, PASTEF-Les Patriotes ne participera pas au prochain gouvernement et n’y sera représenté par aucun ministre », a-t-il déclaré.

Cette annonce marque un tournant politique majeur. Pour la première fois depuis l’accession au pouvoir de la coalition victorieuse à la présidentielle de 2024, le parti majoritaire au Parlement choisit officiellement de rester en dehors de l’équipe gouvernementale.

Si Ousmane Sonko promet de revenir prochainement avec davantage d’explications sur les raisons de cette décision, il a néanmoins tenu à adresser ses vœux de réussite à la future équipe gouvernementale.

Révision constitutionnelle : le Conseil constitutionnel valide l’essentiel du projet mais exige plusieurs corrections majeures

Le Conseil constitutionnel a rendu un avis sur le projet de loi de révision de la Constitution soumis par le Président de la République. Dans sa décision n°4/C/2026, la haute juridiction juge l’initiative de révision régulière et valide l’essentiel des modifications envisagées, tout en formulant plusieurs observations de fond et de forme destinées à garantir la conformité du texte à la Constitution.

Saisi par le Chef de l’État afin de vérifier que le projet n’était pas en contradiction avec la Constitution et n’entraînait pas de déséquilibre institutionnel, le Conseil constitutionnel a passé au crible les différentes dispositions de l’avant-projet de réforme.

Les mandats présidentiels déclarés intangibles

L’un des points les plus marquants de la décision concerne la limitation des mandats présidentiels. Les juges constitutionnels ont estimé que la disposition introduite dans le Préambule sur « l’intangibilité des prescriptions relatives à la limitation de la durée et du nombre de mandats présidentiels » était incomplète.

Pour être conforme à la Constitution, le Conseil exige que cette disposition soit reformulée ainsi :

« La forme républicaine de l’État, le mode d’élection, la durée et le nombre de mandats consécutifs du Président de la République ne peuvent faire l’objet de révision. »

Cette précision renforce davantage le verrou constitutionnel entourant l’exercice de la magistrature suprême.

Rejet de la référence à la confession religieuse du Président

Le Conseil constitutionnel s’est également opposé à l’introduction de la formule « selon sa confession » dans le serment présidentiel prévu à l’article 37.

Selon les juges, la Constitution sénégalaise ne prévoit aucune différenciation confessionnelle dans la prestation de serment du Président de la République. Cette mention a donc été jugée contraire à l’esprit général de la Constitution et doit être supprimée.

Une future Cour constitutionnelle aux compétences renforcées

Le projet prévoit la transformation du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle. Sur le principe, les juges n’ont formulé aucune objection.

Toutefois, ils ont estimé que l’article spécifique prévoyant simplement le remplacement de l’appellation « Conseil constitutionnel » par celle de « Cour constitutionnelle » ne pouvait figurer dans la Constitution en raison de son caractère temporaire.

Le Conseil recommande plutôt de remplacer directement, dans toutes les dispositions concernées, la dénomination actuelle par celle de « Cour constitutionnelle ».

La future juridiction devra être définie comme « la plus haute juridiction » compétente en matière constitutionnelle, référendaire et électorale.

Les avis de la Cour ne pourront être de simples consultations

Autre point important : le Conseil a rejeté la disposition selon laquelle « les avis rendus par la Cour constitutionnelle ont un caractère consultatif ».

Pour les juges, une telle formulation est contraire au principe de sécurité juridique. Ils rappellent que les décisions et avis de la juridiction constitutionnelle s’imposent aux pouvoirs publics ainsi qu’aux autorités administratives et judiciaires.

Cette disposition devra donc être supprimée du texte final.

L’exception d’inconstitutionnalité limitée

Le Conseil a également censuré la possibilité d’invoquer une exception d’inconstitutionnalité contre une convention internationale déjà ratifiée.

Selon la juridiction, le contrôle par voie d’exception ne peut concerner les conventions internationales régulièrement ratifiées et entrées en vigueur. La référence à ces conventions doit donc être retirée du projet.

De nombreuses corrections rédactionnelles

Outre ces observations de fond, plusieurs corrections rédactionnelles ont été exigées afin de renforcer la clarté et la cohérence du texte.

Le Conseil a notamment demandé :

  • la reformulation de certaines dispositions du Préambule ;
  • le remplacement du verbe « élever » par « éduquer » dans l’article 20 ;
  • la suppression d’une mention jugée redondante dans l’article 36 relatif à l’élection présidentielle ;
  • des ajustements de rédaction dans les articles 42, 74 et 92.

L’essentiel de la réforme validé

Malgré ces réserves, le Conseil constitutionnel estime que la majorité des modifications proposées ne soulèvent aucune difficulté de constitutionnalité.

Les révisions touchant notamment les articles 1, 4, 8, 9, 17, 18, 21, 25-1, 29, 30, 31, 34, 36, 39, 53, 54, 57, 58, 59, 61, 77, 80, 89 et 90 de la Constitution ont été jugées conformes.

Au final, cette décision constitue une validation de principe de la réforme constitutionnelle envisagée par le Président de la République, tout en imposant plusieurs ajustements destinés à préserver les équilibres institutionnels, la sécurité juridique et les principes fondamentaux consacrés par la Constitution sénégalaise.

Arrestations, immunité parlementaire et relation Diomaye-Sonko : Me Ciré Clédor Ly appelle au respect de l’État de droit

L’avocat Me Ciré Clédor Ly est sorti de sa réserve pour livrer une analyse juridique et politique des arrestations et enquêtes en cours visant certains responsables publics, tout en se prononçant sur l’élection de Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale.

Dans une déclaration rendue publique, l’avocat rappelle d’abord les dispositions relatives à l’immunité parlementaire. Selon lui, « à l’état actuel du droit positif sénégalais », aucun député ne peut être convoqué sans l’autorisation préalable de l’Assemblée nationale lorsque celle-ci est en session. Il estime que toute arrestation ou détention d’un parlementaire en violation de cette règle exposerait ses auteurs à de lourdes sanctions pénales.

Me Ciré Clédor Ly souligne également que le principe d’égalité devant la loi s’impose à tous les citoyens, y compris aux magistrats, officiers de police judiciaire, avocats, ministres et autres détenteurs d’une parcelle d’autorité. Il rappelle qu’un ordre manifestement illégal ne saurait être exécuté et plaide pour une responsabilité effective de tous les acteurs impliqués dans d’éventuelles détentions arbitraires.

L’avocat invite par ailleurs ses confrères à assumer pleinement leur rôle de défense des libertés et des droits fondamentaux afin de préserver les équilibres de l’État de droit. « Toute société sans justice et sans égalité devant la loi est vouée à l’autoritarisme, puis à l’effondrement », prévient-il, tout en mettant en garde contre toute banalisation de l’institution parlementaire.

Sur le plan politique, Me Ly appelle à éviter aussi bien « le négationnisme que l’alarmisme » face aux événements récents. À ses yeux, cette période doit plutôt être perçue comme une opportunité de renforcer davantage la démocratie sénégalaise et la solidité des institutions républicaines.

Évoquant les relations entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, Me Ciré Clédor Ly estime que les circonstances actuelles devraient favoriser une concertation accrue entre les pouvoirs exécutif et législatif. Selon lui, une meilleure coordination entre les deux responsables constituerait « un atout majeur au bénéfice de la République ».

Affaire Ama Baldé : inculpé puis placé sous contrôle judiciaire, le lutteur de Pikine rentre chez lui

Le lutteur Ama Baldé a finalement échappé à la détention. Présenté ce mercredi devant le procureur près le Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, le fils de feu Falaye Baldé a été inculpé puis placé sous contrôle judiciaire, selon des informations recueillies auprès de sources proches du dossier.

Après son audition, le lutteur a ainsi été autorisé à regagner son domicile. Il comparaîtra librement devant la justice lors de son procès, dont la date n’a pas encore été fixée.

Cette décision met provisoirement fin à plusieurs heures d’incertitude après son interpellation par la Brigade de recherches (BR) de Keur Massar. Depuis son arrestation, une véritable mobilisation du monde de la lutte s’est organisée autour de lui. Malgré leurs rivalités dans l’arène, plusieurs ténors de la lutte sénégalaise se sont rendus à la Brigade de recherches pour lui témoigner leur soutien.

Retour sur les faits

L’affaire trouve son origine dans des événements remontant au mois de mai 2025. Julo, neveu d’Ama Baldé, était alors recherché dans le cadre d’une enquête portant sur une présumée agression accompagnée du vol d’une moto et d’une chaîne appartenant à la victime.

Des policiers du commissariat d’arrondissement de Pikine s’étaient rendus au domicile familial des Baldé afin de remettre une convocation au suspect. Selon les éléments de l’enquête, ce dernier aurait été surpris en possession de chanvre indien.

Toujours d’après les enquêteurs, Ama Baldé et son frère aîné Pathé Baldé se seraient opposés à l’interpellation de leur neveu. Une altercation aurait alors éclaté avec les policiers intervenants, permettant au suspect de prendre la fuite.

La perquisition effectuée sur place avait conduit à la saisie de plusieurs cornets de chanvre indien. Un adjudant de police avait également été blessé à la main lors de l’opération et avait bénéficié d’une incapacité temporaire de travail de sept jours, selon le certificat médical établi.

À la suite de ces événements, une information judiciaire avait été ouverte. Alors qu’une interdiction de sortie du territoire aurait été prise dans le cadre de la procédure, Ama Baldé avait quitté le Sénégal pour la France avant de revenir récemment au pays.

Son retour, marqué par un accueil populaire à Pikine, a rapidement été suivi de son arrestation par la Brigade de recherches de Keur Massar. Après son face-à-face avec le parquet de Pikine-Guédiawaye, le lutteur bénéficie désormais d’une liberté sous contrôle judiciaire en attendant son procès.

NOUVEAU GOUVERNEMENT : MIMI TOURÉ ANNONCE LA FIN DE L’ATTENTE CE LUNDI

Après plusieurs jours d’attente et de spéculations autour de la formation du nouveau gouvernement, l’Envoyée spéciale du Chef de l’État et Coordonnatrice de la coalition Diomaye Président, Aminata Touré, a assuré que la publication de la liste gouvernementale interviendra ce lundi.

S’exprimant sur le retard observé dans la mise en place de l’équipe gouvernementale, l’ancienne Première ministre a indiqué que le Président de la République a choisi de prendre le temps nécessaire afin de constituer un gouvernement répondant pleinement à ses attentes et à sa vision.

« L’attente prendra rapidement fin puisque le gouvernement est attendu aujourd’hui », a-t-elle déclaré, soulignant que le fonctionnement de l’État n’a pas été affecté durant cette période de consultations.

Selon Aminata Touré, plusieurs facteurs expliquent ce délai, notamment les déplacements officiels du Chef de l’État, dont sa récente mission en Gambie, mais aussi la volonté de procéder à toutes les vérifications et consultations requises avant l’annonce de la nouvelle équipe.

« C’est le style du Président qui veut s’assurer de toutes les vérifications et de toutes les consultations. Il est important qu’une équipe conforme à sa vision soit mise en place et soit rapidement opérationnelle », a-t-elle expliqué.

La coordonnatrice de la coalition Diomaye Président a également insisté sur le fait que le Premier ministre a poursuivi ses consultations durant cette période, dans le but de finaliser une équipe gouvernementale capable de répondre efficacement aux défis du moment.

Se voulant rassurante, Aminata Touré a affirmé que les Sénégalais n’auront plus longtemps à patienter. « Cet après-midi ou en début de soirée, Inch’Allah, le Sénégal aura un gouvernement », a-t-elle annoncé.