FONDS SPÉCIAUX : EL HADJI MOMAR SAMB SOUPÇONNE UNE « MANŒUVRE POLITIQUE »

Invité de l’émission EN VÉRITÉ sur Radio Sénégal, El Hadji Momar Samb, secrétaire général de RTA-S et membre du Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR), s’est prononcé sur la procédure engagée par l’Assemblée nationale pour examiner la question des fonds spéciaux.

Pour lui, cette initiative parlementaire suscite à la fois de l’intérêt et des interrogations. Le responsable politique pointe notamment la responsabilité de Pastef et d’Ousmane Sonko, qui, selon lui, étaient aux affaires et disposaient d’une majorité à l’Assemblée nationale au cours des deux dernières années.

El Hadji Momar Samb relève ainsi que ceux qui détenaient alors les leviers du pouvoir n’avaient pas entrepris, durant cette période, de démarche pour ouvrir un débat ou exercer un contrôle sur les fonds spéciaux.

« Ceux-là qui étaient aux affaires en termes de Premiers ministres, qui étaient majoritaires à l’Assemblée depuis deux ans, n’ont pas daigné ouvrir cette fenêtre pour regarder un peu ces fonds spéciaux », a-t-il déclaré.

Une initiative jugée politiquement suspecte

Cette absence d’initiative sous la précédente configuration du pouvoir nourrit, selon lui, des interrogations sur la démarche actuelle de la majorité parlementaire.

El Hadji Momar Samb estime que le contrôle des fonds spéciaux doit certes pouvoir être exercé, mais il appelle à regarder le contexte politique dans lequel cette procédure intervient.

« Nous sommes simplement dans l’expectative », affirme-t-il, avant de livrer sa lecture de la situation : « Nous pensons que c’est une manœuvre politique ».

Selon le membre du FDR, cette initiative s’inscrirait dans le cadre d’un « combat politique partisan » opposant la majorité parlementaire à l’exécutif incarné par le président de la République.

Les Assises nationales au cœur de son argumentaire

El Hadji Momar Samb élargit également son propos aux conclusions des Assises nationales. Il estime que celles-ci n’ont pas été suffisamment mises en œuvre, alors même qu’elles sont régulièrement invoquées dans le débat politique.

Il affirme par ailleurs que des organisations de la société civile auraient alerté les autorités et adressé des correspondances sur ces questions, sans obtenir, selon lui, de réponse.

Pour le responsable de RTA-S, ce silence constitue un problème plus large de gouvernance.

Un contrôle qui doit dépasser les clivages politiques

Malgré ses réserves sur la démarche actuelle, El Hadji Momar Samb considère que la question des fonds spéciaux mérite d’être examinée.

Mais il plaide pour que le contrôle parlementaire soit conduit dans une logique plus globale et ne se limite pas à un seul dossier ou à une seule période.

Pour lui, si des commissions d’enquête doivent être mises en place, elles doivent permettre de faire la lumière sur l’ensemble des questions liées à la gestion des ressources publiques.

Son intervention intervient alors que l’Assemblée nationale s’apprête à examiner la question des fonds spéciaux dans un contexte de fortes tensions entre la majorité parlementaire et l’exécutif.

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